Lettre manuscrite anonyme (version corrigée, car l'original est un régal orthographique... faute de licence de reproduction, pas de photo...) et réponse de la sous-préfecture de Châteaulin. 1867

Crozon, le 23 avril. Monsieur le Préfet,
Le capitaine de la douane de Crozon et le receveur de l'enregistrement viennent toujours chasser sur mes champs malgré moi il fait cacher mes moutons, avec leur chien il fait du dégat dans mes récoltes quand je lui défends. Le capitaine me dit je me fous de toi je t'empêcherai de prendre du goémon à la grève il me fait des menaces et alors moi et les autres nous avons peur cet homme est dangereux. Le 18 avril courant le capitaine et le receveur sont venus encore chasser toute la journée ils m'ont abîmé mon froment et mon avoine. Je pense monsieur le Préfet que vous verrez cela que vous prendrez l'intérêt d'un paysan honnête qui ne vous dit que la vérité.
Je croyais que quand on fermait la chasse que c'était pour tout le monde et ses deux là y vont tous les jours par tous les champs. Vous pouvez venir vous trouverez des gens qui les ont vu tous les jours je l'expliquerai bien (?) monsieur le Préfet. Je ne vous dit pas mon nom j'ai trop peur du capitaine des douanes. Je suis monsieur le Préfet votre serviteur.
Communiqué à Monsieur le sous préfet de Chateaulin qui est prié de prendre confidentiellement des informations et d'en faire connaître les résultats. Quimper, le 24 avril 1867.
Réponse de la Préfecture
Châteaulin, le 3 mai 1867
Monsieur le Préfet,
J'ai l'honneur de vous faire le renvoi de la lettre anonyme qui nous a été adressée contre le Capitaine des douanes et le Receveur de l'enregistrement de Crozon. Il résulte des renseignements pris confidentiellement sur cette affaire que le 18 du mois derniers, vers 4 heures du soir, un loup fut signalé comme venant d'entrer dans le bois de Goandour, à 1500 mètres environ du bourg de Crozon. Plusieurs personnes se saisissant de leur fusil se mirent immédiatement à sa poursuite. Parmi ces chasseurs improvisés se trouvaient le capitaine des douanes et le receveur de l'enregistrement.
Ainsi expliqué, le fait signalé ne me paraît avoir rien de délictueux. Quant au dégat commis dans les récoltes, personne ne s'en est plaint. Aucun des habitants du village de Goandour ne sait écrire. Je suis persuadé que la lettre anonyme a été fabriquée au bourg de Crozon par un individu voulant se poser en victime, afin de trouver l'occasion de crier contre les personnes qu'il accuse. J'estime donc, Monsieur le Préfet, qu'il n'y a aucune suite à donner à la lettre dont il s'agit.
Agréez, Monsieur le Préfet, l'assurance de mon respectueux dévouement. Le Sous-Préfet Esterhazy.
 

Sources et liens

  • Archives départementales du Finistère, 5 P 21 - Douanes, direction de Brest, personnel, correspondance
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