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Il est venu le temps des cathédrales...

Cathédrale de Quimper (Commons)Parmi mes nombreuses tâches archivistiques, l’une de fond(s) porte sur l’inventaire des dossiers de travaux des cathédrales pendant la période concordataire (1801-1905 (sous-série F/19, Archives nationales).

Tout au long du XIXe siècle, les Cultes (catholicisme, protestantisme et judaïsme) sont gérés par l’État, pour ce qui relève du non-spirituel : le clergé est quasi assimilé à des agents publics (avec dossiers de personnel et tout) ; les bâtiments sont entretenus sur des fonds publics. Restaurer les cathédrales, c’est à la fois mettre en place des procédures pour rationaliser, contrôler et échelonner les campagnes de travaux, mais aussi conserver et entretenir des bâtiments anciens qui font partie du patrimoine culturel national, que l'on tient de plus en plus en considération. Les dossiers de travaux sont des sources très intéressantes pour l’histoire de l’art et de l’architecture bien sûr, mais également pour les métiers de la construction, des entreprises, du climat (qui dit tempête, dit dégâts... et donc travaux), des relations entre les autorités civiles, religieuses, voire des tensions politiques.

Alors, au fil de ce travail de longue haleine, que je reprends à la suite d'une collègue, je vous invite à suivre les brèves d'archives sur d'archives et d'ailleurs :

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Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus

Nous tournons les pages [du registre d'archive] fébrilement. Emotion : il est là.


Je crois que je suis devenu historien pour faire un jour cette découverte. La distinction entre nos histoires de famille et ce qu'on voudrait appeler l'Histoire, avec sa pompeuse majuscule, n'a aucun sens. C'est rigoureusement la même chose. Il n'y a pas, d'un côté, les grands de ce monde, avec leurs sceptres ou leurs interventions télévisées, et, de l'autre, le ressac de la vie quotidienne, les colères et les espoirs sans lendemain, les larmes anonymes, les inconnus dont le nom rouille au bas d'un monument aux morts ou dans quelque cimetière de campagne. Il n'y a qu'une seule liberté, une seule finitude, une seule tragédie qui fait du passé notre plus grande richesse et la vasque de poison dans laquelle notre coeur baigne. Faire de l'histoire, c'est prêter l'oreille à la palpitation du silence, c'est tenter de substituer à l'angoisse, intense au point de se suffire à elle même, le respect triste et doux qu'inspire humaine condition. Voilà mon travail; et, en caressant cette archive de tribunal, en suivant des yeux les lignes tracées par la plume du greffier, je ressens un soulagement indicible.

Ivan Jablonka, Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus, pages 164 et 165.

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"C'était mieux avant" : en détails (épisode 1)

On le sait bien, c'était mieux avant, la propreté, l'honnêteté, le partage, le respect, la fraternité, l'autorité, tout ça. Mouais...

Heureusement, il y a des traces écrites, mais aussi en images (avant le bon puritanisme bourgeois du XIXe siècle), comme quoi, finalement, il y a des choses qui n'étaient pas si éloignées... 

 

L'abus d'alcool, tout ça...

Source : Jacques Callot, L’Impruneta, 1621-1625 (consultable sur Gallica)

callot alcool estampe

 

 

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Transpiration

AMBB transpiration fetide

L’armée ou l’art de révéler ce qu’on n’a pas forcément envie de savoir sur les gens…

Source

  • Archives municipales de Boulogne-Billancourt, recensement militaire, classe 1898, 1 H 21.

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Aux bains publics, au début du XIXe siècle

Sous le soleil exactement... bains cezanneSi on associe histoire et bains, on pense immédiatement bains de mer plus ou moins thérapeutiques, stations balnéaires, maillot de bain intégral, plages normandes, années 20 (1820 ou 1920, selon les goûts)... Pourtant, cette affaire de trempette à commencer un peu avant. Car bien que ce soit sans conteste elle que je préfère, il n'y a pas que la mer dans la vie : avant les longueurs en piscine, il y a eu les rivières, les étangs, les lacs, tous ces lieux accessibles à tout.e.s et somme toute moins redoutés que les imprévisibles littoraux...

On trouve dans les archives municipales de Rennes plusieurs arrêtés réglementant les bains publics. Dès le tout début du XIXe siècle (à vérifier pour la période antérieure, il est au moins question de bains publics fin XVIII), la municipalité recrute des maîtres-nageurs, chargés d'apporter des secours et veiller au respect du réglement. Ceux qui ne le respecteraient pas sont menacés d'amende et de saisie de leur habit !

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