The Battle of Quiberon Bay, Nicholas Pocock, 1812. (National Maritime Museum)

20 novembre 1759. LE combat naval, une magistrale défaite, décisive. Un triomphe pour la Royal Navy, le début de la fin pour la France : Québec vient de tomber, et la seconde défaite de la Royale, après celle de la flotte de Toulon au mois d'août précédent, semble sonner le glas des velléités maritimes de la France.

La flotte est rassemblée à Brest en 1758. Les vaisseaux à quais ne sont pas vraiment d'attaque, les hommes manquent. D'autant que l'épidémie de typhus ramenée par l'escadre de Dubois de la Motte ravage la région. L'escadre a un objectif simple : envahir l'Angleterre. Le gros temps de novembre n'est pas forcément le compagnon idéal... Un relâchement temporaire du blocus anglais permettent aux vaisseaux français de sortir du port où ils étaient cloîtrés. Quelques problèmes de vent et de cap les déportent vers le sud-ouest. Finalement, le 19 novembre, la fière escadre double Belle-Île. Ce n'est pas le meilleur endroit pour engager le combat, coincé entre les îles (Belle-Île, Hoëdic et Houat, Dumet), les presqu'îles (Quiberon et Le Croisic) et les récifs (Les Cardinaux) et les plateaux rocheux (plateau du Four).

 

Le 3 décembre 1808, Napoléon est devant Madrid, alors que les combats font rage depuis les soulèvements du "Dos Mayo" (2 mai 1808). Le peintre Horace Vernet (1789-1863) est l'auteur d'un tableau restituant la scène d'un empereur pointant un doigt accusateur sur les chefs de la sédition madrilène - voir l'analyse du tableau sur L'Histoire par l'image.

Napoléon devant Madrid, 3 décembre 1808. Horace VERNET

La même jour, le voltigeur Pierre Louis PUCHOIN, originaire de Gavray (Manche), tombe sous un boulet de canon porte d'Alcala.

Action de chômer ; suspension des travaux. Toute industrie est exposée aux chômages. On ne paye pas aux ouvriers les jours de chômage. Le chômage des fêtes et dimanches. Chômage (Littré)

Ne pas travailler par manque d'ouvrage. Un bon ouvrier chôme rarement. Les ouvriers chôment bien souvent dans les saisons rigoureuses, dans les crises industrielles. Ne pas travailler pour une raison quelconque. Chômer (Littré)

Il signifie par extension Arrêt volontaire ou forcé du travail. Chômage (Dictionnaire de l'Académie française - 1932-5)

Thème déjà d'actualité au XIXème siècle, puisque c'est à ce moment-là qu'apparaît la notion de chômage. Alors que les ruraux alternaient traditionnellement entre plusieurs activités (agriculture plus ou moins vivrière, artisanat, industrie rurale), l'émergence d'une industrie urbaine au XIXème siècle va attirer une population importante de travailleurs... cantonnés dans une mono-activité régulièrement soumise aux aléas saisonniers et économiques.

Les soutanes ont dû s'échauffer quelque peu à Sées (Orne) entre le curé de la paroisse et le chapelain de l'Hôtel-Dieu, puisque l'évêque émet en 1781 un règlement rappelant à chacun (enfin surtout au chapelain) les limites de ses plates-bandes...

 

Copie du règlement fait par Mgr Levêque de Séez au sujet des droits du sieur curé de St Pierre dans l'hotel dieu de cette ville

Jean Baptiste du Plessis d'Argentré par la grace de dieu et l'authorité du St Siège apostolique evêque de Séez, conseiller du roy en tous ses conseils, premier aumônier de Monsieur frere du Roy, commandant de lordre de St Lazare et pour terminer et faire leffet a lavenir les diffucultés qui se seroient elevées entre le sieur curé de la paroisse de St Pierre de notre ville de Séez et le chapelain de lhotel dieu situé en laditte paroisse au sujet de leurs droits et fonctions respectives, nous avons réglé, statué et ordonné, reglons, statuons et ordonnons ce qui suit
1. Le chapelain de l'hotel dieu ne pourra prendre dautres qualités que celles que son titre lui donne, pourquoy il s'abstiendra de prendre sous quelque pretexte que ce puisse etre, la qualité de curé de l'hopital, et de donner celle de son vicaire au prêtre qui l'aide a acquiter les fondations dudit hotel dieu, cessera pareillement de donner la denomination de presbitere au logement quil habite audit hotel dieu
2. Continuera le sieur chapelain de celebrer la sainte messe dans la chapelle de l'hotel dieu à l'intention des fondateurs, d'instruire et d'administrer les sacrements même dans le temps pascal, aux soeurs hospitalieres, aux filles données s'il s'en trouve qui aident les dittes soeurs dans leurs fonctions, ainsi qu'a toutes les personnes detenuës aux infirmeries, et dans le cas ou quelques infirmes, convalescents ou autres des infirmeries voudroient faire leur confession pascale ailleurs qu'audit hotel dieu, ils pourront, après en avoir prévenu le sieur chapelain, s'adresser pour cet effet à tout prêtre de nous approuvé
3. Quant aux domestiques à gages dudit hotel dieu, et pensionnaires s'il y en a, les uns et les autres seront tenues, comme il a été réglé par lui de nos predecesseurs, de faire leur communion pascale dans l'eglise paroissiale de St Pierre, et dans le cas ou ils tomberoient malades et viendroient à déceder dans le dit hotel dieu, il seront administrés et inhumés par le sieur curé de St Pierre dans le cimetière de son eglise, à moins qu'eux ou leurs parents après leur mort, neussent demandé qu'ils soient inhumés audit hotel dieu, dans lun et lautre cas, le corps sera placé à la porte des infirmeries dans le vestibule proche la chapelle ou le sieur curé de St Pierre ira en faire la levée, sans aucun cérémonial de la part du sieur chapelain, la conduira dans son eglise affin de lui faire les prieres et cérémonies accoutumées pour ensuite etre enterré dans le cimetière de la ditte eglise ou dans celui dudit hotel dieu si on la demandé, et dans ce cas le corps sera reconduit par ledit sieur curé de St Pierre jusqu'a la porte de la chapelle ou il sera remis au sieur chapelain pour etre par lui enterré dans le cimetière dudit hotel dieu, et sera fait mention dans lacte mortuaire de la maniere dont l'inhumation aura été faire
4. Continuera le sieur chapelain dinhummer dans le cimetiere dudit hotel dieu le corps des soeurs hospitalieres, des filles données, et de toutes les personnes qui decederont aux infirmeries ainsi que des enfants dudit hotel dieu, et dans les cas ou quelques unes des personnes cy dessus auroient demandé ou qu'après leur mort leurs parents demandassent qu'ils fussent inhummé dans le cimetiere de St Pierre, le corps sera, comme il a été dit, déposé à la porte des infirmeries ou le sieur curé ira en faire la levée, sans aucun ceremonial de la part du sieur chapelain, sans même qu'il soit obligé de s'y trouver, sera seulement tenu de remettre au sieur curé un billet contenant les noms et surnoms de la personne décédée dans lequel sera fait mention des sacrements quelle aura reçu avant son décès affin que le sieur curé puisse rediger son acte mortuaire.
5. Continuera pareillement ledit sieur chapelain d'instruire et faire le cathéchisme aux enfants de l'hotel dieu et de leur faire faire leur premiere communion dans la chapelle dudit hotel dieu lorsqu'il les croira suffisamment instruits et non le même jour qu'on la fera faire à la paroisse
6. Enfin le jour de la fête dieu ou autre dans l'octave lorsque la procession de St Pierre ira a l'hotel dieu, le chapelain avec un autre prêtre, s'il le juge à propos, tous deux revetus de surplis et en chappe, iront précedés de la croix, deux acolythes et deux thurigeraires recevoir la procession à la principale porte dudit hoteldieu, alors le porte croix et les deux acolythes marcheront à costé de la croix de St Pierre, et le sieur chapelain et le prêtre qui l'accompagnera avec chacun leur thuriferaire resteront au milieu de la procession pour encenser le St Sacrement despace en espace, et après la station ils reconduiront la procession dans le même ordre et jusqu'à l'endroit ou ils seront allés la reçevoir.
Donné à Séez ce 23 may 1781 ; et a été un double du présent remis au sieur curé de St Pierre, et l'autre au chapelain de l'hotel dieu à ce qu'ils ayent lun et lautre à sy conformer, la minute restée à notre secretariat pour y avoir recours en cas de besoin.

Nota. Ce reglement a été fait sur le vû des pieces qu'à produit Mr le curé de St Pierre et qui sont restées au secretariat de l'Evesché. Dans une de ces pieces Mr le curé de St Pierre avoit pris des conclusions qui n'ont point été livrées par Mgr quoiquelles fussent conformes à la loy et aux usages du diocèse. Mr le curé de St Pierre n'a rien signé lui fut préjudiciable, pas même ces règlements et les administrateurs de l'hotel dieu qui sont intervenus avant que laffaire fut decidée ont signé une deliberation dans laquelle il fut decidé qu'on deputeroit deux des membres du bureau d'administration de l'hotel dieu pour prier Mgr de faire un reglement et d'assurer les droits du chapelain dudit hotel dieu ce qui fut fait. Le bureau d'administration s'est lié et Mr le curé de Saint Pierre ne l'est pas.

 

Source

La série B des archives départementales, c'est celle des cours et juridictions de l'Ancien Régime : juridictions royales ordinaires et extraordinaires, seigneuriales, ecclésiastiques et laïques etc. Au programme donc les inventaires et ventes de meubles après décès, les contrats de mariages, les réceptions de serment pour les offices divers et variés (employés des fermes, débitant de tabac, notaires, commis, huissier, etc.), et naturellement toutes les procédures judiciaires en matière de délits et crimes. Un vrai bonheur.

Bien souvent, ces instruments de recherche d'archives antérieures à 1790 sont des inventaires sommaires... disons que l'analyse archivistique, formidablement descriptive, n'est pas aussi représentative des pièces de l'article qu'elle le laisse supposer. Ce type d'inventaire est entièrement banni aujourd'hui... mais fort utile quand, dans certains dépôts dévastés par les bombes, cela constitue les seules traces voire transcriptions de documents entièrement disparus.

Bref, lorsqu'on attaque la série B, il faut s'armer de patience et partir à la pêche... Certains de ces inventaires sont accessibles en ligne, voire OCRisés (reconnaissance optique de caractères, ce qui permet de chercher dans le document PDF).