Il n'est pas rare de tomber au fil des registres sur des naissances illégitimes. Certains actes sont succincts, d'autres mentionnent une déclaration de grossesse. Mais peu laissent deviner toute l'histoire.

Le deux avril mil sept cent quarente et deux Marie Bidal sage femme nous a présenté une fille, quelle nous a declarée estre née ce matin de Perrine Fleuri demeurante au faubourg, ou elle est revenue depuis environ quatre ou cinq mois, etant auparavant servante dans la ville de Maienne, lequel enfant a été par nous baptisé et nomé Jeanne par Brice Pierre et Jeanne Hamelin.

Source

Tombée pour la première fois sur un acte mentionnant des triplés, qui malheureusement n'ont pas survécu.

Le troisième jour de may mille sept cent quarente trois par nous soussigné ont été inhumez dans le cimetière de cette paroisse trois enfants males et jumeaux du legitime mariage de François Lhermite et de Françoise Blandel, lesquels enfants ont été ondiez a la maison selon lexamen que nous avons fait de la sage femme Anne Gautier.

Source

"Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure".

Le terme (et la pratique sont) à la mode. Les noms d'oiseaux entre hommes politiques et citoyens font les choux gras des médiats et les invectives verbales fleurissent sur les vidéos en ligne et les T shirts imprimés. Dernière en date (après "Sarkozy, je te vois", et autres "Casse-toi **") : la convocation au tribunal d'une personne qui a traité un membre du gouvernement de menteuse. D'aucun diront "le respect se perd"..., "de mon temps...", "dame oui, les jeunes aujourd'hui...". La théorie d'une régression de la société actuelle a la peau dure.

France, années 30. Petit Fleur, le jazz, le Normandie, le cinéma, les congés payés. Mais aussi les jeux olympiques de Berlin, les ligues et le 6 février 1934, la guerre d'Espagne.

Les questions du formulaire de demande de naturalisation résonnent avec un air de déjà vu...

  • Sa conduite et sa moralité ont-elles donné lieu à quelques observations ?
  • Jouit-il de la considération publique ?
  • A-t-il fait l'objet de mesures de police, de condamnations ou de contraventions ? idem pour les membres de la famille
  • Pour quels motifs sollicite-t-il sa naturalisation ?
  • Paraît-il avoir perdu tout espoir de retour dans son pays ?
  • Quelles ont été ses occupations, son attitude, pendant la guerre 1914-1918 ?
  • Quelle est son attitude politique ?
  • Son loyalisme paraît-il assuré ?
  • Peut-il être considéré comme complètement assimilé à la population française ?
  • A-t-il conservé ses coutumes nationales, ou a-t-il adopté nos usages ?
  • Comprend-il et parle-t-il couramment et de façon correcte notre langue ?
  • Fréquente-t-il habituellement des Français ou des étrangers ?
  • La naturalisation du ou des postulants aura-t-elle pour effet de créer une famille vraiment française ?
  • Est-il venu avec un contrat d'embauchage ?
  • Constitue-t-il en raison de ses aptitudes professionnelles un apport intéressant pour la collectivité ?
  • Y-a-t-il pénurie de main d'oeuvre française dans la spécialité du postulant ?
  • Exerce-t-il une profession déjà encombrée ou susceptible de le devenir ?
  • Est-il atteint d'infirmités ou de tares physiques ou mentales ?
  • Ses enfants sont-ils robustes et bien constitués ?

 

Qui parle d'archives (et qui plus est de généalogie) pense encore - souvent - à ce bon vieux microfilm. Ces petits bobines de 35 mm de large (parfois 16) qui servent de support de substitution pour des centaines et des centaines de pages de registres d'état civil, mais aussi de dossiers de personnel, des documents juridiques, etc... des petites bobines de film photographique donc, que l'ont déroule sur des appareils plus ou moins énormes. Et le bruit du dévidoir que l'on rembobine à grand bruit.

Article du Populaire, 6 octobre 1948, Archives municipales et Ressources documentaires de Saint-Nazaire