Surprise agréable que de tomber, dans deux registres de l'Enregistrement, sur quelques versets latins - que je suppose bibliques (signés Job) - et surtout sur deux poèmes. Pages de garde et mise en bouche originales pour deux registres de mutation par décès (c'est-à-dire les registres qui listent les actes qui ont donnés lieu à des partages entre héritiers ou à des successions suite au décès d'un individu).

 

La mort a des rigueurs à nulle autre pareille
On a beau la prier
La cruelle qu'elle est, se bouche les oreilles
Et nous laisse crier.

Le pauvre en sa cabane où le chaume se couvre
Est sujet à ses lois
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N'en défend pas nos rois.

Brèves d'archives cueillies au fil du reclassement d'une série T (Enseignement) d'archives départementales.

  • des punitions

Tenir à bout de petit doigt, bras tendu, ses sabots.

Rester assis sur un rondin de bois d'à peine dix centimètres de diamètre et faire ses leçons sur ses genoux.

Se tenir debout, droit, les pieds sur le bout de ses sabots.

Recevoir une volée d'orties sur le cou, les bras et les genoux.

 

  • des instituteurs et des institutrices

Lorsqu'un administré (habitant lambda, conseiller municipal, curé, maire) a une dent contre l'instituteur, rien de mieux qu'une lettre anonyme dénonçant les mauvaises moeurs de l'individu.

L'accusation la plus classique, c'est l'ivrognerie et la fréquentation des cabarets. A tort... ou à raison !

Dans certains coins, il est mal vu de se pointer au bal du 14 juillet pour y danser avec les domestiques. Il y a une réputation à tenir.

Attention aux charivari lors de mariage. Etre ramené de nuit dans une charette dans laquelle on a dormi en laissant le cheval sagement trouver sa route, peut vite faire les choux gras de la presse locale.

En 1849, une commune demande l'autorisation de recruter une institutrice religieuse en remplacement de l'institutrice laïque, démissionnaire pour cause de ... mariage. Manque de chance, la religieuse démissionnera 3 ans plus tard. L'histoire ne dit pas si ce fut pour se marier.

On ne disait pas "attouchements", mais "immoralité". Et "attentat à la pudeur" en guise de crime sexuel. Quant à la condamnation... on préfère parfois mettre en retraite anticipée plutôt que condamner.

Heureusement, pour se changer les idées, on tombe parfois sur un instituteur accusé de vol à main armé : il aurait tiré au revolver sur une diligence, qui l'aurait fouetté au passage...

 

  • la loi, c'est la loi

On n'accueille pas des enfants de moins de quatre ans dans une classe enfantine. Trois ans et demi, c'est trop tôt !

La non-mixité, c'est la non-mixité, et gare en cas de non-étanchéité des espaces.

L'instituteur doit montrer l'exemple, et donc être au fait de la loi... soit tenir correctement son registre d'appel, et ne pas ignorer que les adjoints doivent être munis d'un brevet de capacité. L'inspecteur primaire veille au grain... Parmi les peines disciplinaires encourues, la "censure" (sic).

1859 : "Le seul roi légitime de France est Henri V". Forcément, si les instituteurs n'en font qu'à leur tête, il peut y avoir des conséquences...

 

En guise d'illustration, THE livre de lecture incontournable qui fleure bon la Troisième Rép' : Le Tour de France par deux enfants - Devoir et patrie (première édition en 1877).

 

Sources et ressources

On devait craindre la suite des désordres qui avaient eu lieu samedi dernier. Tout attroupement quelconque avait été défendu. Toutes les mesures que la prudence conseillait avaient été prises pour assurer l'exécution des ordres de l'autorité. Ces précautions étaient nécessaires. Un grand nombre d'étudiants en droit et en médecine se sont rassemblés hier sur la place Louis 15 et le quai d'Orsay, et y ont fait entendre de bruyantes clameurs, jusqu'à ce que la gendarmerie les ait contraints à se disperser. Une partie de cette turbulente jeunesse s'est alors dirigé vers le fauxbourg Saint Antoine. Une pareille démarche annonçait des espérances aussi coupables qu'insensées. Ceux qui l'avaient suggérée se reppelaient vraisemblablement ces jours déplorables où des habitants de ce vaste fauxbourg servaient d'auxiliaires aux factions ; mais ces souvenirs les ont étrangement trompés. La population laborieuse de cette partie de la capitale se distingue au contraire par l'amour du Roi et l'obéissance aux lois. Bien loin de favoriser les ennemis du repos public, elle a concouru à rendre les efforts impuissants. La gendarmerie les a atteints, trente cinq ont été arrêtés ; les autres se sont enfuis, et le calme a été complètement rétabli. A peine s'est-on apperçu, dans la plus grande partie de Paris, de ce qui se passait.
La gendarmerie a montré son sang froid, sa fermeté accoutumés ; les troupes appelées pour la seconder ont rivalisé de zèle et de prudence aussi, au milieu de ces scènes de désordre, pas un seul accident grave n'est à regretter."

 

The Battle of Quiberon Bay, Nicholas Pocock, 1812. (National Maritime Museum)

20 novembre 1759. LE combat naval, une magistrale défaite, décisive. Un triomphe pour la Royal Navy, le début de la fin pour la France : Québec vient de tomber, et la seconde défaite de la Royale, après celle de la flotte de Toulon au mois d'août précédent, semble sonner le glas des velléités maritimes de la France.

La flotte est rassemblée à Brest en 1758. Les vaisseaux à quais ne sont pas vraiment d'attaque, les hommes manquent. D'autant que l'épidémie de typhus ramenée par l'escadre de Dubois de la Motte ravage la région. L'escadre a un objectif simple : envahir l'Angleterre. Le gros temps de novembre n'est pas forcément le compagnon idéal... Un relâchement temporaire du blocus anglais permettent aux vaisseaux français de sortir du port où ils étaient cloîtrés. Quelques problèmes de vent et de cap les déportent vers le sud-ouest. Finalement, le 19 novembre, la fière escadre double Belle-Île. Ce n'est pas le meilleur endroit pour engager le combat, coincé entre les îles (Belle-Île, Hoëdic et Houat, Dumet), les presqu'îles (Quiberon et Le Croisic) et les récifs (Les Cardinaux) et les plateaux rocheux (plateau du Four).

 

Le 3 décembre 1808, Napoléon est devant Madrid, alors que les combats font rage depuis les soulèvements du "Dos Mayo" (2 mai 1808). Le peintre Horace Vernet (1789-1863) est l'auteur d'un tableau restituant la scène d'un empereur pointant un doigt accusateur sur les chefs de la sédition madrilène - voir l'analyse du tableau sur L'Histoire par l'image.

Napoléon devant Madrid, 3 décembre 1808. Horace VERNET

La même jour, le voltigeur Pierre Louis PUCHOIN, originaire de Gavray (Manche), tombe sous un boulet de canon porte d'Alcala.