Brèves d'archives cueillies au fil du reclassement d'une série T (Enseignement) d'archives départementales.

  • des punitions

Tenir à bout de petit doigt, bras tendu, ses sabots.

Rester assis sur un rondin de bois d'à peine dix centimètres de diamètre et faire ses leçons sur ses genoux.

Se tenir debout, droit, les pieds sur le bout de ses sabots.

Recevoir une volée d'orties sur le cou, les bras et les genoux.

 

  • des instituteurs et des institutrices

Lorsqu'un administré (habitant lambda, conseiller municipal, curé, maire) a une dent contre l'instituteur, rien de mieux qu'une lettre anonyme dénonçant les mauvaises moeurs de l'individu.

L'accusation la plus classique, c'est l'ivrognerie et la fréquentation des cabarets. A tort... ou à raison !

Dans certains coins, il est mal vu de se pointer au bal du 14 juillet pour y danser avec les domestiques. Il y a une réputation à tenir.

Attention aux charivari lors de mariage. Etre ramené de nuit dans une charette dans laquelle on a dormi en laissant le cheval sagement trouver sa route, peut vite faire les choux gras de la presse locale.

En 1849, une commune demande l'autorisation de recruter une institutrice religieuse en remplacement de l'institutrice laïque, démissionnaire pour cause de ... mariage. Manque de chance, la religieuse démissionnera 3 ans plus tard. L'histoire ne dit pas si ce fut pour se marier.

On ne disait pas "attouchements", mais "immoralité". Et "attentat à la pudeur" en guise de crime sexuel. Quant à la condamnation... on préfère parfois mettre en retraite anticipée plutôt que condamner.

Heureusement, pour se changer les idées, on tombe parfois sur un instituteur accusé de vol à main armé : il aurait tiré au revolver sur une diligence, qui l'aurait fouetté au passage...

 

  • la loi, c'est la loi

On n'accueille pas des enfants de moins de quatre ans dans une classe enfantine. Trois ans et demi, c'est trop tôt !

La non-mixité, c'est la non-mixité, et gare en cas de non-étanchéité des espaces.

L'instituteur doit montrer l'exemple, et donc être au fait de la loi... soit tenir correctement son registre d'appel, et ne pas ignorer que les adjoints doivent être munis d'un brevet de capacité. L'inspecteur primaire veille au grain... Parmi les peines disciplinaires encourues, la "censure" (sic).

1859 : "Le seul roi légitime de France est Henri V". Forcément, si les instituteurs n'en font qu'à leur tête, il peut y avoir des conséquences...

 

En guise d'illustration, THE livre de lecture incontournable qui fleure bon la Troisième Rép' : Le Tour de France par deux enfants - Devoir et patrie (première édition en 1877).

 

Sources et ressources

On devait craindre la suite des désordres qui avaient eu lieu samedi dernier. Tout attroupement quelconque avait été défendu. Toutes les mesures que la prudence conseillait avaient été prises pour assurer l'exécution des ordres de l'autorité. Ces précautions étaient nécessaires. Un grand nombre d'étudiants en droit et en médecine se sont rassemblés hier sur la place Louis 15 et le quai d'Orsay, et y ont fait entendre de bruyantes clameurs, jusqu'à ce que la gendarmerie les ait contraints à se disperser. Une partie de cette turbulente jeunesse s'est alors dirigé vers le fauxbourg Saint Antoine. Une pareille démarche annonçait des espérances aussi coupables qu'insensées. Ceux qui l'avaient suggérée se reppelaient vraisemblablement ces jours déplorables où des habitants de ce vaste fauxbourg servaient d'auxiliaires aux factions ; mais ces souvenirs les ont étrangement trompés. La population laborieuse de cette partie de la capitale se distingue au contraire par l'amour du Roi et l'obéissance aux lois. Bien loin de favoriser les ennemis du repos public, elle a concouru à rendre les efforts impuissants. La gendarmerie les a atteints, trente cinq ont été arrêtés ; les autres se sont enfuis, et le calme a été complètement rétabli. A peine s'est-on apperçu, dans la plus grande partie de Paris, de ce qui se passait.
La gendarmerie a montré son sang froid, sa fermeté accoutumés ; les troupes appelées pour la seconder ont rivalisé de zèle et de prudence aussi, au milieu de ces scènes de désordre, pas un seul accident grave n'est à regretter."

 

Le 3 décembre 1808, Napoléon est devant Madrid, alors que les combats font rage depuis les soulèvements du "Dos Mayo" (2 mai 1808). Le peintre Horace Vernet (1789-1863) est l'auteur d'un tableau restituant la scène d'un empereur pointant un doigt accusateur sur les chefs de la sédition madrilène - voir l'analyse du tableau sur L'Histoire par l'image.

Napoléon devant Madrid, 3 décembre 1808. Horace VERNET

La même jour, le voltigeur Pierre Louis PUCHOIN, originaire de Gavray (Manche), tombe sous un boulet de canon porte d'Alcala.

The Battle of Quiberon Bay, Nicholas Pocock, 1812. (National Maritime Museum)

20 novembre 1759. LE combat naval, une magistrale défaite, décisive. Un triomphe pour la Royal Navy, le début de la fin pour la France : Québec vient de tomber, et la seconde défaite de la Royale, après celle de la flotte de Toulon au mois d'août précédent, semble sonner le glas des velléités maritimes de la France.

La flotte est rassemblée à Brest en 1758. Les vaisseaux à quais ne sont pas vraiment d'attaque, les hommes manquent. D'autant que l'épidémie de typhus ramenée par l'escadre de Dubois de la Motte ravage la région. L'escadre a un objectif simple : envahir l'Angleterre. Le gros temps de novembre n'est pas forcément le compagnon idéal... Un relâchement temporaire du blocus anglais permettent aux vaisseaux français de sortir du port où ils étaient cloîtrés. Quelques problèmes de vent et de cap les déportent vers le sud-ouest. Finalement, le 19 novembre, la fière escadre double Belle-Île. Ce n'est pas le meilleur endroit pour engager le combat, coincé entre les îles (Belle-Île, Hoëdic et Houat, Dumet), les presqu'îles (Quiberon et Le Croisic) et les récifs (Les Cardinaux) et les plateaux rocheux (plateau du Four).

 

Les soutanes ont dû s'échauffer quelque peu à Sées (Orne) entre le curé de la paroisse et le chapelain de l'Hôtel-Dieu, puisque l'évêque émet en 1781 un règlement rappelant à chacun (enfin surtout au chapelain) les limites de ses plates-bandes...

 

Copie du règlement fait par Mgr Levêque de Séez au sujet des droits du sieur curé de St Pierre dans l'hotel dieu de cette ville

Jean Baptiste du Plessis d'Argentré par la grace de dieu et l'authorité du St Siège apostolique evêque de Séez, conseiller du roy en tous ses conseils, premier aumônier de Monsieur frere du Roy, commandant de lordre de St Lazare et pour terminer et faire leffet a lavenir les diffucultés qui se seroient elevées entre le sieur curé de la paroisse de St Pierre de notre ville de Séez et le chapelain de lhotel dieu situé en laditte paroisse au sujet de leurs droits et fonctions respectives, nous avons réglé, statué et ordonné, reglons, statuons et ordonnons ce qui suit
1. Le chapelain de l'hotel dieu ne pourra prendre dautres qualités que celles que son titre lui donne, pourquoy il s'abstiendra de prendre sous quelque pretexte que ce puisse etre, la qualité de curé de l'hopital, et de donner celle de son vicaire au prêtre qui l'aide a acquiter les fondations dudit hotel dieu, cessera pareillement de donner la denomination de presbitere au logement quil habite audit hotel dieu
2. Continuera le sieur chapelain de celebrer la sainte messe dans la chapelle de l'hotel dieu à l'intention des fondateurs, d'instruire et d'administrer les sacrements même dans le temps pascal, aux soeurs hospitalieres, aux filles données s'il s'en trouve qui aident les dittes soeurs dans leurs fonctions, ainsi qu'a toutes les personnes detenuës aux infirmeries, et dans le cas ou quelques infirmes, convalescents ou autres des infirmeries voudroient faire leur confession pascale ailleurs qu'audit hotel dieu, ils pourront, après en avoir prévenu le sieur chapelain, s'adresser pour cet effet à tout prêtre de nous approuvé
3. Quant aux domestiques à gages dudit hotel dieu, et pensionnaires s'il y en a, les uns et les autres seront tenues, comme il a été réglé par lui de nos predecesseurs, de faire leur communion pascale dans l'eglise paroissiale de St Pierre, et dans le cas ou ils tomberoient malades et viendroient à déceder dans le dit hotel dieu, il seront administrés et inhumés par le sieur curé de St Pierre dans le cimetière de son eglise, à moins qu'eux ou leurs parents après leur mort, neussent demandé qu'ils soient inhumés audit hotel dieu, dans lun et lautre cas, le corps sera placé à la porte des infirmeries dans le vestibule proche la chapelle ou le sieur curé de St Pierre ira en faire la levée, sans aucun cérémonial de la part du sieur chapelain, la conduira dans son eglise affin de lui faire les prieres et cérémonies accoutumées pour ensuite etre enterré dans le cimetière de la ditte eglise ou dans celui dudit hotel dieu si on la demandé, et dans ce cas le corps sera reconduit par ledit sieur curé de St Pierre jusqu'a la porte de la chapelle ou il sera remis au sieur chapelain pour etre par lui enterré dans le cimetière dudit hotel dieu, et sera fait mention dans lacte mortuaire de la maniere dont l'inhumation aura été faire
4. Continuera le sieur chapelain dinhummer dans le cimetiere dudit hotel dieu le corps des soeurs hospitalieres, des filles données, et de toutes les personnes qui decederont aux infirmeries ainsi que des enfants dudit hotel dieu, et dans les cas ou quelques unes des personnes cy dessus auroient demandé ou qu'après leur mort leurs parents demandassent qu'ils fussent inhummé dans le cimetiere de St Pierre, le corps sera, comme il a été dit, déposé à la porte des infirmeries ou le sieur curé ira en faire la levée, sans aucun ceremonial de la part du sieur chapelain, sans même qu'il soit obligé de s'y trouver, sera seulement tenu de remettre au sieur curé un billet contenant les noms et surnoms de la personne décédée dans lequel sera fait mention des sacrements quelle aura reçu avant son décès affin que le sieur curé puisse rediger son acte mortuaire.
5. Continuera pareillement ledit sieur chapelain d'instruire et faire le cathéchisme aux enfants de l'hotel dieu et de leur faire faire leur premiere communion dans la chapelle dudit hotel dieu lorsqu'il les croira suffisamment instruits et non le même jour qu'on la fera faire à la paroisse
6. Enfin le jour de la fête dieu ou autre dans l'octave lorsque la procession de St Pierre ira a l'hotel dieu, le chapelain avec un autre prêtre, s'il le juge à propos, tous deux revetus de surplis et en chappe, iront précedés de la croix, deux acolythes et deux thurigeraires recevoir la procession à la principale porte dudit hoteldieu, alors le porte croix et les deux acolythes marcheront à costé de la croix de St Pierre, et le sieur chapelain et le prêtre qui l'accompagnera avec chacun leur thuriferaire resteront au milieu de la procession pour encenser le St Sacrement despace en espace, et après la station ils reconduiront la procession dans le même ordre et jusqu'à l'endroit ou ils seront allés la reçevoir.
Donné à Séez ce 23 may 1781 ; et a été un double du présent remis au sieur curé de St Pierre, et l'autre au chapelain de l'hotel dieu à ce qu'ils ayent lun et lautre à sy conformer, la minute restée à notre secretariat pour y avoir recours en cas de besoin.

Nota. Ce reglement a été fait sur le vû des pieces qu'à produit Mr le curé de St Pierre et qui sont restées au secretariat de l'Evesché. Dans une de ces pieces Mr le curé de St Pierre avoit pris des conclusions qui n'ont point été livrées par Mgr quoiquelles fussent conformes à la loy et aux usages du diocèse. Mr le curé de St Pierre n'a rien signé lui fut préjudiciable, pas même ces règlements et les administrateurs de l'hotel dieu qui sont intervenus avant que laffaire fut decidée ont signé une deliberation dans laquelle il fut decidé qu'on deputeroit deux des membres du bureau d'administration de l'hotel dieu pour prier Mgr de faire un reglement et d'assurer les droits du chapelain dudit hotel dieu ce qui fut fait. Le bureau d'administration s'est lié et Mr le curé de Saint Pierre ne l'est pas.

 

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