tablettes_rennaises_ms619_bg.jpg

Geneviève

297 george signGeneviève, je t'ai rencontrée il y a longtemps, lorsque que j'étais une padawan en généalogie. Tu n'étais plus plus de prime jeunesse ; tout juste veuve, tu mariais ton fils. Après deux ans en mode brouillon et notes éparses, il est plus que temps de publier cet article, en profitant du Généathème pour remettre à plat les choses, refaire les recherches dans les bases . Bref, que je raconte enfin notre histoire qui me tient à coeur et en haleine depuis 2007.

Dès le début, tu as joué les originales. Pour commencer, c'est ton acte de décès que j'ai trouvé en premier. Chose rare en terme de recherche généalogique. Et quel acte de décès !

... nous ont déclaré que Geneviève George, âgée de 77 ans, demeurant à Trescalland, en cette commune [Guérande], fille de feus Nicolas George, cordonnier et de Claudine Gorre, veuve de Joseph Lepinne, ancien employé des fermes...

Heureusement que j'avais réussi à remonter la généalogie de ton douanier de mari AVANT de tomber sur cet acte, sinon j'aurais foncé tête baissée et fait une grossière erreur. La Claudine Gorre mentionnée sur l'acte, ce n'était point ta mère, mais ta belle-mère !

Quitte à continuer à les recherches à l'envers, j'ai reconstitué la famille Lépine-George bien avant de trouver votre mariage... Ces trop nombreux enfants, 12 en tout, anonymes et ou non. Antoine, Jean François, Pierre, François, Françoise, Christophe, Jean Marie, Honoré, Jeanne, Joseph. Las, tu figures en bonne place sur le podium des mères courage épuisées (article Du côté obscur de la généalogie). Courage surtout : les enfants s'éteignent les uns après les autres, nouveaux-nés ou par vague. Privation ? Epidémie ? 1794 fait un carnage : François, 16 ans, le 23 janvie ; Christophe, 10 ans, le 3 février ; Honoré, 5 ans, le 16 avril ; un enfant non dénommé qui ne vit qu'une quinzaine dans l'été. Vivre avec seuls quatre survivants... Des baptêmes et tellement d'enterrements.

J'ai mis beaucoup plus de temps (3 ans à dire vrai) à trouver un événement plus gai : ton mariage ! Et il a fallu aller le dénicher de l'autre côté de la Loire, grâce me semble-t-il à un (très mauvais) relevé sur Bigenet. Les "sieur" de l'acte se sont transformé en "Denis"... Qu'à cela ne tienne, j'avais une date, et surtout un lieu ! Paimboeuf. Ca ne servait à rien d'écumer la presqu'île guérandaise...

Un acte de mariage, un acte de fiançailles en prime et une filiation correcte, contrairement à celle de l'acte de décès. Ton père Nicolas George est cordonnier ; ta mère décédée se prénommait Anne Legeay. Et au bas de l'acte de 1771, ta signature... Des signatures de femmes au XVIIIe siècle, je n'en ai pas tant que ça, surtout dans l'Ouest.

Après plusieurs années de quête, je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin : quid de ta famille, tes frères et soeurs, ta mère décédée ? Là où pour nombre de mes aïeules, je peine à récolter toutes ces informations, en ce qui concerne Geneviève, je poursuis mon marathon et continue mes recherches... toujours semées d'embûches.

Les tables de successions et absences de Loire-Atlantique étant numérisées et en ligne depuis longtemps, il va sans dire que je me suis précipitée sur le registre contenant l'année 1829 pour le bureau d'enregistrement de Guérande. Qui s'arrête le 1er mai 1829. Avec une lacune jusqu'en 1832. Geneviève, tu es décédée le 10 juin 1829. Ô rage... Après l'acte de décès erroné, le relevé de cercle généalogique moyennement relevé, voici la table de successions et absences à trou.

J'ai noyé ma déception dans les registres de Paimboeuf. Haut et Bas, parce qu'il y avait deux trèves. Je t'ai dénichée bébé le 11 mai 1752. Unique survivante d'une fratrie qui aurait dû se composer de quatre enfants, tous décédés en bas âge. Toi seule survit ; pas ta mère, qui meurt des suites de couches à 36 ans. J'ai traqué un éventuel remariage de ton père, et pense en avoir trouvé deux mais impossible de mettre la main sur l'acte du premier :

  • remariage de Nicolas George avec Luce Jeano (après 1753)
  • remariage de Nicolas George, veuf de Luce Jeano, avec Jeanne Rocher, le 5 novembre 1771

Peut-être y-a-t-il eu des demis frères et/ou soeurs ? J'ai vainement épluché les registres de Paimboeuf... Vainement ? Pas tout à fait. Je t'y ai trouvé souvent, bien plus que ce que j'aurais imaginé. Le 12 mars 1764 à Paimboeuf tu signes l'acte de baptême de Jacques Minette ; le 25 octobre 1770 on retrouve ton nom au bas de celui d'Elisabeth Félicité Gautier ; un mois plus tard, "Geneviève George" apparaît au bas de l'acte de mariage de Jacques Bonnin et Jeanne Durand (enfin le premier acte, qui est barré ; sur le second qui suit, tu as disparu). Le plus drôle, c'est que tu n'es jamais marraine ! Mais présente, ça c'est sûr. Est-ce ton père qui t'a appris à tracer les lettres de ton nom ? Vos traits se ressemblent...

george genevieve signature

De longues et douloureuses années plus tard, en déclarant le décès de ta fille Jeanne tout juste née, tu diras ne point savoir signer...

J'ai réépluché les bases nominatives diverses et variées, à la recherche d'une mise à jour éventuelle depuis tout ce temps. Geneanet, Geneabank, Bigenet quitte à racheter des points, Heredis online... J'ai même failli réadhérer au Cercle généalogie de Loire-Atlantique mais les relevés pour Guérande, Paimboeuf, Assérac, sont toujours aussi cheap et peu complets. Rien, pas de trace de toi.

La quête continue...

Sources et liens

  • Archives départementales de Loire-Atlantique, registres paroissiaux d'Assérac, Guérande, Paimboeuf  ; registres d'état civil de Guérande

 

 

 

Mots-clés: femmes, vie quotidienne, ligne de vie, AD44, Loire-Atlantique

ImprimerE-mail

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

tablettes_rennaises_ms619_bg.jpg