*** article librement inspiré par un commentaire de P-V. Archassal sur mon mur Facebook. VDM qualifie par ailleurs très bien cette semaine finissante ***

VDM, soit pour les néophytes, "vie de merde", désormais passé dans le langage courant (jeune et internaute).

Et pourquoi pas des VDM généalogiques ? On pourrait aussi appeler ça BDM, avec B pour branche - à ne pas confondre avec une GDM, G comme généalogie – mais une VDM, c'est une VDM... Même si d'autres l'ont décliné : les femmes, les thésards ou les geeks (actuellement en maintenance ! si ça ce n'est pas une VDM...). Le comble, en généalogie, c'est que lorsqu'elle s'installe, elle peut durer.

Ma VDM généalogique donc : avoir 4 générations de parisiens au XIXème siècle. Paris je ne t'aime plus : une ville tentaculaire, dont l'hôtel de ville... a brûlé (donc pas de collection communale), dont le palais de justice... a brûlé (donc pas de double du greffe), et qui n'a pas de recensement avant 1936 (genre, c'est inutile le recensement).

 

Hôtel de ville de Paris... avant et après le 23 mai 1871 (Wikipedia)

 

La presse est une formidable source historique... et généalogique. Depuis fin 2010, l'ensemble des éditions régionales de Ouest-Eclair (ancêtre de Ouest-France) sont accessibles sur Internet et ... OCRisées ! L'OCRisation (en français "reconnaissance optique de caractères") permet de faire des recherches plein texte. Naturellement la transcription n'est pas sûre à 100%, mais même avec un taux d'erreur de 30%, le résultat n'en est pas moins très intéressant. Et les noms propres (noms de famille, lieux) sont bien mieux analysés que les récurrents - et inintéressants - verbes être, avoir, conjugués à toutes les sauces.

Et que trouve-t-on dans la presse numérisée ? Les soirées arrosées d'un sans doute lointain cousin homonyme, qui finissent chaque samedi en castagne, les matches de l'Union sportive guilviniste ou... les frasques judiciaire d'un aïeul, retrouvé sur les bancs d'une cour d'assises.

 

Henriette Le Cleac'hElle est née le 13 avril 1911 au Guilvinec (Finistère). Son père, Eugène (1885-1953), est marin. Sa mère, Anna Le Corre (1888-1985), originaire de Saint-Jean-Trolimon, est ménagère.

Elle est montée jeune à Paris. Comme beaucoup d'autres à la même époque, pour être bonne. Elle a élevée les enfants d'un pharmacien... avant de travailler comme préparatrice dans la pharmacie.

Un mariage d'amour à 30 ans : en 1941, elle épouse son cousin germain, Henri Biguais, qui a divorcé de son premier mariage l'année précédente. Par choix, pas d'enfant.

Arrière-grande-tante, par son mariage, elle est également mon arrière-cousine, puisque son père est le frère cadet de ma trisaïeule.

Aujourd'hui Henriette a 100 ans. Et chante. Et rigole. Surtout quand on lui a dit qu'elle était déjà au Musée départemental breton en l'occurence, où quelqu'un, un jour a remarqué la photo semblable à celle qu'il y avait dans notre salle à manger.

Famille Le Cleac'h et Le Corre, vers 1911 : Henriette bébé et sa soeur Anna

Alors très bon anniversaire Henriette !

Sources

  • Photographies : archives familiales
  • Mairie du Guilvinec : acte de naissance

10 juin 1921. Début du procès de l'affaire des wagons. Les accusés n'ont aucun antécédent judiciaire.

Ah oui... Pourtant, si l'on en croit son registre matricule, Onésime n'est pas si blanc que ça...

Retour quelques années auparavant, à quelques centaines de kilomètres de là. Lorient, arsenal militaire : Onésime Le Livec y travaille comme ouvrier aux constructions navales, spécialité : charpentier, depuis 6 juillet 1903 et la fin de son engagement volontaire de 3 ans. Le 12 décembre 1907, le tribunal maritime le condamne à 8 jours de prison.

Je ne couperai pas à quelques séances au Service historique de la Défense de Lorient (entre autre pour l'inscription maritime de Bretagne-Sud), mais en attendant, quoi de mieux pour ne pas ronger son frein d'impatience que... la presse !

Même non OCRisée, lorsqu'on a une date, un fait et un lieu, c'est une source incontournable. La médiathèque de Lorient propose en ligne une centaine de titres du Morbihan.

 

Les faits sont relatés dans Le Nouvelliste du Morbihan, daté du 14-15 décembre 1907.

 

Il est apparu dès mes premiers pas sur la planète Généalogie, le trisaïeul, avec son prénom improbable, et quelques bribes d'une vie insolite et décousue.

 

[ Mon grand-père : ] « Mon grand-père [maternel] était chef linger sur les paquebots. C'était un rouge. Il a abandonné sa femme et ses filles. J'ai appris longtemps après par une connaissance qu'il était mort près Bordeaux, et qu'il avait un fils plus jeune que moi. »

Retrouver les grandes lignes de sa vie, naissance, mariage, décès, a été, mentions marginales aidant, relativement simple.

 

Port-Navalo - CC BY-NC-ND telomi, source : Flickr

 

Port-Navalo - CC BY-NC-ND telomi, source : Flickr

 

Onésime est né le 7 novembre 1880 à Port-Navalo, commune d'Arzon (Morbihan). Alliance étonnante d'un père issu d'une dynastie de marins et matelots morbihanais (de Riantec), et d'une mère descendant des notables d'Arzon (voire petite noblesse ?), les Lespine, d'un marchand auvergnat (Renaud) et de noblesse d'épée (les Gallery de La Rosaire). Ollicime Le Livec (1854-1915) le marin épouse Marie Josèphe Lépine (1859-1939), la fille d'un capitaine, le 5 novembre 1877... un peu pressés par les événements. Deux grandes soeurs précèdent Onésime – l'aînée meurt un mois avant sa naissance - et un petit frère, Emile (1882-1944), suit.