Henriette Le Cleac'hElle est née le 13 avril 1911 au Guilvinec (Finistère). Son père, Eugène (1885-1953), est marin. Sa mère, Anna Le Corre (1888-1985), originaire de Saint-Jean-Trolimon, est ménagère.

Elle est montée jeune à Paris. Comme beaucoup d'autres à la même époque, pour être bonne. Elle a élevée les enfants d'un pharmacien... avant de travailler comme préparatrice dans la pharmacie.

Un mariage d'amour à 30 ans : en 1941, elle épouse son cousin germain, Henri Biguais, qui a divorcé de son premier mariage l'année précédente. Par choix, pas d'enfant.

Arrière-grande-tante, par son mariage, elle est également mon arrière-cousine, puisque son père est le frère cadet de ma trisaïeule.

Aujourd'hui Henriette a 100 ans. Et chante. Et rigole. Surtout quand on lui a dit qu'elle était déjà au Musée départemental breton en l'occurence, où quelqu'un, un jour a remarqué la photo semblable à celle qu'il y avait dans notre salle à manger.

Famille Le Cleac'h et Le Corre, vers 1911 : Henriette bébé et sa soeur Anna

Alors très bon anniversaire Henriette !

Sources

  • Photographies : archives familiales
  • Mairie du Guilvinec : acte de naissance

Il est apparu dès mes premiers pas sur la planète Généalogie, le trisaïeul, avec son prénom improbable, et quelques bribes d'une vie insolite et décousue.

 

[ Mon grand-père : ] « Mon grand-père [maternel] était chef linger sur les paquebots. C'était un rouge. Il a abandonné sa femme et ses filles. J'ai appris longtemps après par une connaissance qu'il était mort près Bordeaux, et qu'il avait un fils plus jeune que moi. »

Retrouver les grandes lignes de sa vie, naissance, mariage, décès, a été, mentions marginales aidant, relativement simple.

 

Port-Navalo - CC BY-NC-ND telomi, source : Flickr

 

Port-Navalo - CC BY-NC-ND telomi, source : Flickr

 

Onésime est né le 7 novembre 1880 à Port-Navalo, commune d'Arzon (Morbihan). Alliance étonnante d'un père issu d'une dynastie de marins et matelots morbihanais (de Riantec), et d'une mère descendant des notables d'Arzon (voire petite noblesse ?), les Lespine, d'un marchand auvergnat (Renaud) et de noblesse d'épée (les Gallery de La Rosaire). Ollicime Le Livec (1854-1915) le marin épouse Marie Josèphe Lépine (1859-1939), la fille d'un capitaine, le 5 novembre 1877... un peu pressés par les événements. Deux grandes soeurs précèdent Onésime – l'aînée meurt un mois avant sa naissance - et un petit frère, Emile (1882-1944), suit.

 

Nous sommes le 4 germinal an V de la République une et indivisible (24 mars 1797). L'église Saint Pierre de Vannes grouille de vie : elle accueille l'assemblée primaire des citoyens du canton. De tout le canton : Vannes, bien sûr, mais aussi Séné, les îles, Arradon, etc. La séance peut commencer. Au milieu de la foule, Jacques Landais, paludier de Séné.

Au perchoir, enfin ce qui tient lieu de perchoir, le citoyen Gourgerel fils termine son discours, mettant en garde la foule contre les émissaires du Roi qui tentent de s'immiscer dans les décisions des citoyens. D'ailleurs, n'y-a-til pas dans la salle des personnes non habilitées à voter et qui fausseront le scrutin final ? La foule  enthousiaste, jubile et salue le tribun d'un sonore "Vive la République !".

Tous, sauf un. Jacques Landais crie "Vive le Roi !". Stupeur (et tremblements)...

 

Louis Le Paige, sieur du Colombier, souhaitez-vous prendre pour épouse Marie Anne du Croq de Limerville, ici présente ?

-- ... Je le veux...

-- Marie Anne du Croq de Limerville, souhaitez-vous prendre pour époux Louis Le Paige, sieur du Colombier, ici présent ?

-- ... Je le veux...

-- Bien. Je vous déclare donc unis par les liens du...

-- OBJECTION !

Un sourd murmure parcourt l'église Saint-Maclou. Deux corps se dressent dans l'assemblée. Charles Gallery, sieur des Granges, la tête blanche, du haut de ses 55 ans (environ), venu tout droit de l'autre bout de la Normandie, et Pierre Alexandre Le Boucher, sieur d'Hécouville.

 

Ou "Qui est-ce qui a le plus de kilomètres dans les pattes ?!". A quelques jours de faire dans le sens inverse, le trajet fait il y a 10 mois, c'est d'actualité. Par égard pour mes aïeux, je saute directement à la troisième génération et mets les deux premières hors jeu, sous peine d'explosion de score (sans tricher !).

Hormis les informations glânées oralement auprès des anciens, et, pour les périodes les plus récentes (XIX-XXème siècles) les recensements, le moyen le plus sûr (mais pas le plus aisé, il faut bien l'avouer) de suivre à la trace une famille... ce sont les lieux de naissance ou baptême des enfants. Si plus on remonte, moins les distances parcourues sont grandes, les raisons de bouger n'ont elles pas beaucoup changé : le travail, aujourd'hui comme hier, en 2010 comme au XVIIIème siècle.