Après avoir pris mon courage à deux mains, j'ai tenté une première : faire un saut dans les fonds anciens des Archives départementales de Loire-Atlantique. Pour la contemporainiste que je suis, c'était un baptême du feu. Je n'ai vraiment pas été déçue du voyage. L'objectif était de trouver la trace d'un de mes aïeux receveur des fermes du Roi. Direction donc la Série C - Administrations provinciales. Article 173. Intendance de Bretagne. Subdélégation de Guérande, Fermes du Roi. Sur les 164 pièces, une dizaine de procès-verbaux de François Dominique de LESPINE. A ses risques et périls...  

 

Trois mariages et dix-huit enfants, je trouvais ça déjà pas mal. Et j'ai vérifié à deux fois* avant d'admettre que Jacques Bourdic [sosa 256, 9e génération] avait un sérieux concurrent : Guillaume Le Reun, dit Le Jeune [sosa 664 et 728, 10ème génération]. Ou la preuve que les familles recomposées, ça ne date pas d'aujourd'hui.

Florilège de prénoms peu usités chez les Covez de Labuissière (à une dizaine de kilomètres de Béthune). Sachant que les principaux sont Joseph (garçons et filles) et Baptiste (garçon), j'ai également rencontré au XIXe siècle d'autres prénoms plus ou moins fréquents...

Camille COVEZ (portrait)
 

Achille - Amable - Barnabé - Bernardin - Célinie - Cordule - Euphrosine - Fidel - Fidéline - Florine - Léonide - Milforte ou Milleforte - Olympiade - Restitude - Scholastique - Séraphine - Vénérande - Vidalline

 

De passage fin juillet dans l'Artois, un détour s'imposait par Souchez et Ablain-Saint-Nazaire, au pied de Notre-Dame-de-Lorette. Berceau de mes FLAMENT et LHERBIER (confirmé par un petit tour dans le cimetière).

 
Vue d'Ablain-Saint-Nazaire depuis Notre Dame de Lorette, juillet 2007

 
Eglise d'Ablain-Saint-Nazaire, juillet 2007
 

Cinquante mètres à peine séparent aujourd'hui les panneaux des deux communes. D'un côté la somptueuse mairie de Souchez, de l'autre l'église gothique qui s'obstine à rester debout d'Ablain.

Et au milieu coulent des rivières : la Souchez s'abreuve dans le Saint-Nazaire (qui coule à Ablain) et le Carency qui coule à... Carency.

Il y a un siècle cela n'aurait tout bonnement pas été possible.

Samedi 28 juillet, j'ai apposé mon humble signature sur le registre des mariages d'une petite commune du Pas-de-Calais, afin de certifier que le monsieur en costume qui a dit Oui d'une voix ferme était bien celui qu'il prétendait être. Etrange impression que d'entendre lire solennellement et à haute voix un acte similaire à ceux que je recherche et que je lis si souvent en silence.
Noms, prénoms, date de naissance, adresse, filiation. Puis soudain mes noms, prénom, âge, statut d'étudiante et adresse nantaise. Un hochement de tête et un sourire pour l'officier d'état-civil. Passages du Code civil sur les droits et devoirs des époux l'un envers l'autre, et envers les enfants. Et à la fin le papier blanc permettant de passer devant l'autel.

Depuis la loi du 7 décembre 1897, les femmes peuvent donc être témoins de mariage. Et sur les quatre, j'étais ce samedi l'unique "témouine", honorée d'apposer mon autographe en double au bas de l'acte.