"Nos enfants connaîtront-ils seulement leur père"... Comme tant d'autres du village. Peut-être la pensée l'a-t-elle effleurée lorsqu'elle lui a dit oui. Elle le connaissait depuis toute petite. Locmiquélic, tout le monde se connaît, même si passés 10 ans, les garçons ont plus souvent les pieds sur un pont que sur la terre. Lui revenait tout juste des Amériques en guerre. Parti matelot, revenu gabier. Entre 1776 et 1783, il n'a passé que 14 mois à terre, et les années précédentes sont du même acabit. 33 ans : quatre voyages aux Indes orientales et deux campagnes royales, dont l'une aux Amériques (juin 1779-janvier 1781).

 

Les combattants français de la guerre américaine, 1778-1783 : listes établies d
Les combattants français de la guerre américaine, 1778-1783 : listes établies d'après les documents authentiques déposés aux Archives Nationales et aux Archives du Ministère de la guerre / publiées par les soins du Ministère des affaires étrangères ; [avec une introduction par Henri Mérou] - Source: gallica.bnf.fr

 

Charles Bourdic (1869-1916)Jusque là, tout indiquait que Charles Bourdic (1869-1916) était ferblantier de son état : ses deux actes de mariages, les actes de naissances de ses enfants, l'acte de décès d'Adélaïde Causer, sa première femme, et son propre acte de décès. La voie semblait donc toute tracée : Charles Bourdic travaillait dans l'une des usines de conserves de Ploemeur.

 

La seule photographie de lui - désormais datée - est signée du photographe Eugène de Paris, Toulon. La seule information digne de ce nom qui figurait dans sur son matricule militaire, outre le degré d'instruction : 3, était "inscrit maritime". Plutôt normal pour un natif de Ploemeur et vu l'uniforme. Direction donc le Service historique de la Défense de Lorient, sous-série 9 P.

 

*** article librement inspiré par un commentaire de P-V. Archassal sur mon mur Facebook. VDM qualifie par ailleurs très bien cette semaine finissante ***

VDM, soit pour les néophytes, "vie de merde", désormais passé dans le langage courant (jeune et internaute).

Et pourquoi pas des VDM généalogiques ? On pourrait aussi appeler ça BDM, avec B pour branche - à ne pas confondre avec une GDM, G comme généalogie – mais une VDM, c'est une VDM... Même si d'autres l'ont décliné : les femmes, les thésards ou les geeks (actuellement en maintenance ! si ça ce n'est pas une VDM...). Le comble, en généalogie, c'est que lorsqu'elle s'installe, elle peut durer.

Ma VDM généalogique donc : avoir 4 générations de parisiens au XIXème siècle. Paris je ne t'aime plus : une ville tentaculaire, dont l'hôtel de ville... a brûlé (donc pas de collection communale), dont le palais de justice... a brûlé (donc pas de double du greffe), et qui n'a pas de recensement avant 1936 (genre, c'est inutile le recensement).

 

Hôtel de ville de Paris... avant et après le 23 mai 1871 (Wikipedia)

 

Mariage Knoepffler x Morice, 10 octobre 1907, Lorient

Une photographie de mariage anonyme au milieu de l'album de l'arrière-grand-mère, Léontine. Les contours irréguliers trahissent le coup de ciseaux dans le papier cartonné. Mais d'où sort cette forêt de hauts-de-forme et de coiffes perdues au milieu ? Qui sont-ils ? Ni mon grand-père, ni sa soeur cadette, ni une cousine, n'ont su identifier clairement l'un des individus.

 

Coïncidence. Simultanéité fortuite (de deux ou plusieurs événements ou circonstances).

Une photographie n'est jamais conservée par hasard un album de famille. Surtout celle d'un mariage. Mais qui sont-ils ? La petite fille en robe blanche, bien droite à côté du garçonnet en haut-de-forme, ressemble étrangement à Léontine. La forme du visage, la mimique de sa tête penchée. Il y a quelque chose. Et puis l'âge.

 

La presse est une formidable source historique... et généalogique. Depuis fin 2010, l'ensemble des éditions régionales de Ouest-Eclair (ancêtre de Ouest-France) sont accessibles sur Internet et ... OCRisées ! L'OCRisation (en français "reconnaissance optique de caractères") permet de faire des recherches plein texte. Naturellement la transcription n'est pas sûre à 100%, mais même avec un taux d'erreur de 30%, le résultat n'en est pas moins très intéressant. Et les noms propres (noms de famille, lieux) sont bien mieux analysés que les récurrents - et inintéressants - verbes être, avoir, conjugués à toutes les sauces.

Et que trouve-t-on dans la presse numérisée ? Les soirées arrosées d'un sans doute lointain cousin homonyme, qui finissent chaque samedi en castagne, les matches de l'Union sportive guilviniste ou... les frasques judiciaire d'un aïeul, retrouvé sur les bancs d'une cour d'assises.