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Nicolas Guyodo, mort noyé... ou mort assassiné ?

Je pensais avoir toutes les cartes en main pour enfin connaître le fin mot de l'histoire. Vérifier cette hypothèse que l'inconnu retrouvé flottant sur les prés gorgés d'eau de la Vilaine, le crâne défoncé, était bien mon ancêtre Nicolas Guyodo. Mais il n'y a toujours rien de prouvé. Juste des coïncidences, une intuition. Et continuer à creuser.

Retour en arrière.

Nicolas Guyodo, je suis remontée relativement facilement jusqu'à lui, il y a plusieurs années, bien que je ne sache pas encore exactement où il est né. Guérande ou Mesquer (Loire-Atlantique) sans doute, lieux de résidence de son père, employé des fermes du roi. A moins que ce dernier n'ait eu d'autres postes dans les alentours. Son inventaire après décès (voir article) est le premier du genre que j'ai eu entre les mains. Il est dressé 8 jours avant que sa veuve, Marie Louise PIHOUR, ne se remarie.

Mesquer

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Mort du choléra, 1832

Il y a 180 ans.

Il découvrit les jambes. Elles étaient de nouveau glacées, une cyanose épaisse avait dépassé le genou et marquait déjà largement les cuisses. Toutefois, sous les frictions qu'Angélo faisait aller de plus en plus vite, il lui sembla que la chair s'amollissait, tiédissait, reprenait un peu de nacre. Il activa le mouvement. Il se sentait une force surhumaine. Mais, en dessous du genou, les jambes restèrent glacées et maintenant lie de vin. Il tira le corps près du feu. Il fit chauffer des pierres. Dès qu'il s'arrêtait de frotter, la cyanose sortait du genou, arborescente comme une sombre feuille de fougère et montait la cuisse. [...] Il semblait indifférent à tout ; mais à un moment où Angélo, sans se rendre compte, poussa un soupir où il pouvait y avoir un peu de contentement (il venait encore une fois de chasse la cyanose de la cuisse) sans quitter son air atone, le jeune homme tâtonna des doigts autour de sa chemise, la souleva et montra son ventre. Il était d'un bleu total, effrayant.
Jean Giono, Le Hussard sur le toit, Paris, Gallimard NRF, rééd. 1995, p. 57

 

Si les crises frumentaires s'estompent au XIXe siècle, il est des épidémies qui ravagent toujours le pays... Et parmi elles, le choléra. L'année 1832 est particulièrement restée dans les mémoires, avec le roman de Jean Giono, Le Hussard sur le toit (écrit en 1951) et ses morts célèbres (le physicien Sadi Carnot, l'homme politique et banquier Casimir Perier, l'égyptologue Jean-François Champollion ou encore l'ancien roi de France Charles X en exil). Cette vague s'étire jusqu'en 1835, puis des foyers ressurgissent en 1849-1850, 1854-1855, 1865-1866 et 1885-1886...

Vibrio cholerae (ou bacille virgule), à l'origine du choléra - Wikimedia

 

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Croire aux fantômes

Aux archives, on a l'habitude des fantômes. Nous les créons, habillés de couleurs inhabituelles. Nous les traquons, au milieu des liasses, des épis et des boîtes noires. Nous les recensons, afin de n'en perdre aucun. Nous les multiplions, pour ensuite mieux les faire disparaître, une fois les documents revenus. Nos fantômes sont rarement blancs, ils sont roses, verts, voire même illustrés. Parfois même ils nous échappent, et commence alors une terrible chasse. Le quotidien de l'archiviste est peuplé de fantômes[1]...
 
Le généalogiste également est familier des fantômes, d'un autre type. Une armée de disparus, surgie du passé et patiemment reconstituée, en remontant les fils (certes, les pères, mais en tirant les fils).
 

Fantôme d'archives

 

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Le Généafil, veille collaborative


Généalogie en Bretagne


Grande Guerre


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