Parmi les archives familiales glânées auprès de ma grand-mère trône en bonne place le livret de solde de François BIGUAIS (1876-1947), dont il était question dans un article de 2007.

Désormais le livret buriné qui fleure le sel et les embruns est feuilletable en ligne (sans les parfums, naturellement) !

 
 
 
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Outre la solde proprement dite et la carrière du marin, le carnet contient la nomenclature des peines encourues, les conseils en matière d'hygiène, les devoirs des marins, etc.
 
 

Source

  • Archives familiales
 
 
 

Tout est parti d'une simple mention sur l'acte de mariage de sa fille : "se trouve dans l'impossibilité de manifester sa volonté [...] ainsi qu'il résulte d'un certificat du médecin directeur de l'asile des aliénés de Lesvellec".

La loi du 30 juin 1838 fait obligation à chaque département de se doter d'un établissement psychiatrique. Néanmoins la mise en place des asiles est progressive. Celui du Morbihan n'ouvre qu'en 1886 à Lesvellec, commune de Saint-Avé, distante de 5 kilomètres de la préfecture Vannes. L'hospice peut accueillir 500 patients à son ouverture. Parmi lesquels le matricule 246, Prudent ROBIC, boulanger. Placé d'office sur arrêté préfectoral le 20 mai 1886 : "atteint d'aliénation mentale, [...] dangereux pour la sécurité publique". Sur le bon d'admission, l'encre violette recouvre les mots initiaux du médecin de l'hospice de Vannes.

 

"Aliénation mentale" recouvre "furieux". "Urgence", alors que se devinent au crayon quelques mots : "il y a danger pour sa femme et pour ses voisins".

 

Le certificat de décès du médecin glissé dans le registre a été numérisé à la suite de l'acte.

Je soussigné Le Chevallier Auguste docteur en médecine de la faculté de Paris demeurant à Locminé (Morbihan) certifie m'être transporté à Moréac le 22 février 1904 vers 8 heures du matin, à l'effet de visiter le corps de Guillard Joseph âgé de 75 ans.
La mort est réelle et semble remonter à 22 heures environ. La mort est naturelle. Le corps ne porte aucune trace de violence.
La mort doit être attribée à une rupture d'anévrisme, les artères étant tout à fait athéromateuses. Toute idée de crime doit être écartée.
En foi de quoi j'ai déclaré le présent certificat et autorisé l'inhumation dans les délais prescrits par la loi
Moréac, le 22 février 1904.
Le Chevallier.
 

 

Au XIXème siècle, l'âge légal au mariage est défini par l'article 148 du Code Napoléon (1807) : 25 ans pour les hommes, 21 pour les femmes. En cas de minorité, les enfants doivent obtenir le consentement des parents.

Titre V Du Mariage
Article 148. Le fils qui n'a pas atteint l'âge de 25 ans accomplis, la fille qui n'a pas atteint l'âge de 21 ans accomplis, ne peuvent contracter mariage sans le consentement leurs pères et mère : en cas de dissentiment, le consentement du père suffit.
Article 149. Si l'un des deux est mort, ou s'il est dans l'impossibilité de manifester sa volonté, le consentement de l'autre suffit.

 

Dès que l'on parle Bretagne aujourd'hui, on pense coiffe bigoudène, mise à toutes les sauces (pirates !) et positionnée un peu n'importe où sur la carte de Bretagne. En réalité, le pays bigouden, c'est la petite partie orange ci-dessous.

La pointe de dentelle qui monte qui monte et ses deux ailes ont éclipsés leurs cousines , au risque d'éclipser les très nombreuses coiffes bretonnes voisines, et les variantes locales (plus de 1200 répertoriées d'après Jakez Cornou !).
Il sera ici principalement question de la coiffe bigoudène, pour des raisons ancestrales uniquement (et photographiques). Dans la famille, le breton s'est perdu avec la coiffe : au niveau de l'arrière-arrière-grand-mère, Marie Louise LE CLEAC'H (1880-1960). Et les différentes photographies de l'aïeule sont un témoignage visuel de la folle épopée de la coiffe au cours du XXème siècle, bien que les motifs des broderies ne fassent que se deviner...
 

CLEAC''H (LE) Marie Louise, fin XIXe siècleCLEAC''H (LE) Marie Louise, 1900 (mariage)CLEAC''H (LE) Marie Louise, 1916

 

CLEAC'H (LE) Marie Louise, 1929 (mariage de sa fille)CLEAC''H (LE) Marie Louise, années 1940CLEAC''H (LE) Marie Louise, avant 1947

CLEAC''H (LE) Marie Louise, en 1957 ou 1959 (communion de mon père)CLEAC''H (LE) Marie Louise, avant 1960