Commune du Loir-et-Cher.
Au hasard d'une page d'un registre de 1829, je tombe sur ces mots incongrus : "célèbrent leurs noces d'or". Hâtivement je cherche les noms. Stupeur : ce sont eux, que je cherche depuis pas mal de temps, sans savoir réellement où chercher. Et quelle orthographe chercher. Lui : Proux ? Proust ? ; elle : Dreuzin, comme j'ai cru le lire, ou Breuzin. Ou une toute autre fin... Et voilà que je tombe dessus : Jean PROUST et Renée BREUZIN.

Noces d'or, ça nous fait 1829 - 50 = 1779.

Petite promenade printanière au milieu des marais salants, berceau familial paternel. "Bourg de Batz", comme disent mes grands-parents. Un rêve de gosse en tête : monter en haut de la tour Saint-Guénolé (au loin sur la photo ci-dessous...) et plonger les yeux dans les marais. Malheureusement, "clocher fermé pour cause de travaux pour une durée indéterminée". Je me suis consolée en rentrant dans l'église, en partie datée du XVème siècle.

Marais salants de Batz, pris depuis le Mont Lénigo

 

De la non différenciation de l'éducation des garçons et des filles... Ou comment au XIXème siècle les cultivateurs costarmoricains Jean Jacques LE FLEM et Marie Françoise LE COADOU pratiquaient l'indifférence entre garçons et filles en matière de prénom.

Est-il besoin de préciser qu'il convient de lire avec une bonne dose d'humour cette introduction provocatrice...

Il n'est pas rare de trouver des noms masculins comme deuxième prénom d'une fille, surtout quand il s'agit du saint local. Ainsi dans l'Artois, l'immense majorité de mes aïeux ch'tis, garçon et fille, sont affublés du prénom Joseph. Et d'ailleurs, phonétiquement, ce prénom est du genre asexué, tout comme Marie... Mais êtes-vous déjà tombé sur un garçon avec un prénom de fille ?

 

Yves Anne LE FLEM

 

Étonnant non ? ... D'autant plus quand son frère puîné a lui aussi droit à un deuxième prénom féminin !

 

Guillaume Perrine LE FLEM (extrait de l'acte de naissance)

Marche arrière toute.

Journal L'Avenir, 13 mai 1919

 

De grand-père en petite-fille, quelques mots brefs sur l'aïeul disparu : il aurait été emporté par le Cher en tentant de sauver des enfants montés dans une barque à la dérive...

Vérification faite dans la presse contemporaine, point d'enfant ce jour-là, mais bien une coque abandonnée au fil de l'eau. Le corps d'Epaminondas est retrouvé au lieu-dit Moulin des îles (de la Motte), sur la rive gauche du Cher, en aval du donjon de Montrichard. A quelques six kilomètres de son domicile de Bourré. Son frère Léopold viendra déclarer le décès le 14 mai 1919 à la mairie de Faverolles, une fois le corps sans vie découvert.

Sources et liens

  • Archives départementales du Loir-et-Cher, journal l'Avenir (cote non fournie par la personne ayant pris la photo)
  • Voir aussi l'article Epaminondas.

La transmission du nom, vaste question... En généalogie, il arrive parfois que l'on tombe sur un enfant qui porte le nom de sa mère, et ce pour l'unique et bonne raison que le père est dit "inconnu". "Père inconnu", "enfant naturel", en y réfléchissant bien, le vocabulaire prête à sourire ! Bien sûr on est un peu frustré de tomber sur une branche qui restera éternellement bloquée côté paternel. Mais en même temps, j'avoue ma curiosité à imaginer la façon dont cette situation est arrivée, a été vécue et perçue...

Sous l'Ancien Régime, les femmes non mariées enceintes devaient déclarer leur état auprès des autorités afin d'éviter abandons et infanticides. Les déclarations de grossesses, lorsqu'elles existent, sont conservées dans les archives judiciaires : séries B (cours et juridictions) et E (notaires) des Archives départementales pour l'Ancien Régime, série U pour le XIXème siècle.