Au XVIème siècle, la tenue des registres paroissiaux, initiée par l'Eglise, est rapidement encadrée par la monarchie, comme en témoignent plusieurs ordonnances réitérant les exigences en terme de tenue, d'informations et de dépôt : Villers-Cotterêts bien sûr en 1539, mais également de celles de Blois en 1579, Saint-Germain-en-Laye en 1667, ou encore une déclaration royale spécifiquement consacrée aux registres paroissiaux en 1736.

Mais cette connaissance de l'identité ne se limite pas à ces documents souvent utilisés par les généalogistes, ou aux recensements de population. Identité et contrôle des individus sont indissociables, qu'ils soient au service de l'état (marins, militaires), ou considérés comme dangereux ou suspects... Cette police, initiée sous la Régence, se poursuit au XIXème siècle. Sont particulièrement surveillées les populations mouvantes : vagabonds et pauvres, gens du voyage, étrangers, ouvriers... Les garnis parisiens doivent même déclarer sous la Révolution leurs locataires ! Dans la seconde moitié du XIXème siècle,  les descriptions physiques traditionnellement écrites (taille, couleurs des cheveux et des yeux, corpulence, marques distinctives)  vont être complétées par deux nouveaux outils d'identification : la photographie et la dactyloscopie... c'est-à-dire l'étude des empreintes digitales.

Etablir l'identité des populations, c'est enfin évoquer les résistances à ce fichage, les réticences ne se manifestant pas uniquement à l'heure du fichage électronique.

Ouvrage très riche donc, évoquant une multitude de sources parfois peu connues. A défaut de le lire, vous pouvez écouter l'auteur dans l'émission 2000 ans d'histoire (France Inter) du 7 juin 2010.

Sources et liens

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