2. Qu'y trouve-t-on ?

Les informations sont plus ou moins détaillées selon la période : à partir de 1830, les états de service sont beaucoup plus complets.

  • > L'identité du marin (plus ou moins détaillé selon les périodes) : les date et lieu de naissance, l'identité des parents, le nom de l'épouse, le nombre et les prénoms des enfants, ...
  • > La description physique (semblable à ce que l'on trouve dans les registres matricules militaires) : la taille, la couleur des cheveux, des poils et des yeux, la forme de la bouche, du menton, etc.
  • > La formation : les dates de changement de grade (mousse, novice, matelot, officier marinier, etc. ), voire les dates des examens et les cours de préparation suivis !
  • > La carrière maritime : les dates d'embarquement et de débarquement, le nom du bateau, le nom du patron le cas échéant, le type de navigation (cabotage, au long cours, service armé, etc.), voire les naufrages, et les décès...

 

Paul Marie Lépine, né le 30 décembre 1825 à Mesquer, dép. de la Loire-Inférieure, fils de Jean Marie et de Marie Joseph Guyodo. Taille d'1 mètre 680 mm, cheveux châtain, front haut, sourcils idem, yeux gris, nez long, bouche grosse, menton rond, visage ovale. Marques particulières : néant. Demeure à Mesquer / à Port Navalo [Arzon, Morbihan].

Passons sur les chasse-marées (La Bonne Prudence, La Marie-Louise, L'Auguste Marie, Le Saint-Michel, La Caroline, jusqu'à la Marie-Joséphine qu'il se fait construire en 1860) :

  • > Mousse de 1837 à 1841
  • > Novice de 1842 à 1844
  • > Matelot de 1844 à 1849
  • > Matelot (2e classe) de 1850 à 1852
  • > Maître au cabotage à partir de 1853 : il prépare une première fois l'examen de Nantes de maître au cabotage en 1851, suivant notamment le cours d'hydrographie au Croisic mais échoue. L'année suivante rebelotte à Rochefort : le 25 juin 1852, il obtient son brevet.

Le beau-père du précédent :

Nicolas Guyodeau, 20 ans [en 1786], né à Mesquer. Taille M[oyenne] poil ch[âtain] fils de Pierre et de Jeanne Le Moffe.

A son actif : 1 campagne avec le roy et 3 voyages au long cours.

  • > Matelot en 1784, année durant laquelle il est sert sur Les Deux Frères, vaisseau royal de 80 canons, construit et armé à Brest
  • > 1785 : il est reçu maître au cabotage
  • > 1787 : gabier (spécialiste en voilure)

Accessoirement quand on a parfois l'esprit mal tourné comme le mien, on peut même s'assurer un peu plus que de coutume que tel enfant est bien le fils de son père marin...

Jean-Marie Lépine est rarement à terre plus d'un mois entre 1813 et 1830. Le 6 avril 1825, il débarque à Nantes du chasse-marée Le Plutus, pour rembarquer 3 jours plus tard sur le Jean-François. Un tout petit peu moins de 9 mois plus tard, Paul Lépine pointe le bout de son nez ; naturellement son père est en mer, embarqué sur La Marie-Louise du 9 août 1825 au 14 septembre 1826.

 

3. Où trouve-t-on ces trésors ?

Ca dépend des coins... Grosso-modo :


Pour la Bretagne :

  • > la Bretagne nord (du quartier du Guilvinec jusqu'au quartier de Saint-Malô) : Service historique de la Défense de Brest
  • > la Bretagne sud (quartiers de Concarneau jusqu'au quartier de Redon + Compagnie des Indes - mais j'y reviendrai...) : Service historique de la Défense de Lorient
  • > la Loire-Atlantique : les archives départementales de Loire-Atlantique et... les tables alphabétiques et registres matricules sont numérisés et accessibles en ligne. Petite précaution d'usage : les numéros de volumes ne sont pas indiqués dans les résultats de recherche (contrairement à l'accès en salle de lecture) donc il faut parfois partir un peu à la pêche pour identifier le bon registre.

 

Pour la Normandie et la Manche

 

Pour la côte Atlantique de la Vendée au pays basque : Service historique de la Défense de Rochefort.

 

Pour la Méditerrannée (dont Algérie) : Service historique de la Défense de Toulon (y sont également conservés les archives des quartiers indochinois et malgaches).

 

4. Conseils pour ne pas s'emmêler dans les mailles du filet

  • > Avant les années 1820, se méfier des dates et lieux de naissance indiqués, fréquemment truffés d'erreur. Il suffit de se reporter à l'état civil pour se convaincre que non, on n'a pas fait de grossiers oublis lors de relevés systématiques. Les filiations semblent – d'après la dizaine de marins recherchés – beaucoup plus fiables, et permettent d'identifier avec certitude le bonhomme.

     

  • > Plus encore que pour des sources généalogiques traditionnelles (état civil, recensement), ne pas se fier à l'orthographe stricte des noms de famille. Vous risquez même de découvrir une nouvelle variante d'un patronyme rencontré à maintes reprises. En cas de pêche infructueuse, penser phonétique. Par exemple mes Guyodo, baptisés, mariés et enterrés « Guyodo », qui signent tous ainsi, sont tous répertoriés à... « Guyodeau » (de là à soupçonner l'agent de l'inscription d'être du sud de la Loire, il n'y a qu'un pas!).

     

  • > Il n'est pas nécessaire de commencer par le commencement, c'est-à-dire mousse, puis novice, puis matelot.. En réalité, lors de mon premier plongeon dans le bain de l'inscription maritime, j'ai commencé au beau milieu d'une carrière. Sachant que Paul Lépine était maître au cabotage vers 1855, je me suis jetée sur la table alphabétique correspondante, naviguant ensuite de registres en registres, remontant puis redescendant sa carrière... jusqu'à buter sur son changement de quartier en 1874. L'éventuelle difficulté de départ reste la nécessité de connaître le quartier de rattachement d'origine, et là, le seul conseil est de commencer par le lieu de naissance.

     

  • > Au XVIIIe et début du XIXe siècle, il arrive que certains marins ne soient inscrits qu'en milieu de carrière dans les registres : Jean-Marie Lépine (1786-1838) n'est inscrit qu'à partir de 1813 (lacune précisée en marge de ses états de service), alors qu'il est déjà matelot. Sortir bredouille des tables alphabétiques des mousses et les novices ne signifie pas nécessairement que le poisson a disparu.

     

  • > Si l'individu a bougé (à terre j'entends), la première intuition doit tout de même être de rechercher d'abord son inscription dans le syndicat de sa commune de naissance (ou celle où il a grandi si c'était un bébé-voyageur). Le changement de quartier ne se fait pas systématiquement au moment du changement de résidence.

Exemple : Paul Lépine (1825-1892) est né à Mesquer (syndicat de Mesquer, quartier du Croisic > Archives départementales de Loire-Atlantique), mais à partir de son mariage en 1854, il est domicilié – lorsqu'il n'est pas en mer, soit peu souvent – à Arzon (syndicat du Port-Navalo, quartier de Vannes > Service historique de la Défense de Lorient). Néanmoins il n'est porté aux registres du quartier de Vannes qu'en 1874, soit 20 ans plus tard...

 

Sources et liens

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