Malgré dix ans (aïe) de recherches généalogiques, je n'ai jamais vraiment fréquenté les cimetières. Plutôt sain me dira-t-on. Mes excursions au royaume des tombes se comptent jusqu'à ce jour sur les doigts d'une main. Sans doute parce que j'ai tendance à juger que les informations qu'on peut y trouver ne valent pas le coup de faire l'effort de s'y déplacer pour aller errer entre marbre, ciment et fleurs en plastique.

 

Mon escapade de dimanche dernier au cimetière de Montrouge (Paris XIVe) était presque symptomatique de mes précédentes tentatives : marcher entre des allées grises, regarder rapidement à droite à gauche pour embrasser du regard les noms plus ou moins lisibles, le tout en ayant un œil par terre pour ne pas trébucher, changer d'allée, ne penser aux rares présents qui doivent trouver ce manège étrange, désespérer très vite de trouver des noms familiers – la vitesse de découragement étant proportionnelle à la taille du cimetière. "Autant papillonner dans un registre paroissial illisible" me suis-je même dit... à l'exception près qu'il faisait très beau et chaud. Et qu'exceptionnellement cette fois-ci, je n'ai pas fait chou blanc. J'étais à la recherche du caveau Burande - Beuvelet, indiqué par une cousine nouvellement rencontrée, Jacqueline T. . Juste avant d'abandonner au bout de 10 minutes d'errements infructueux, je me suis raccrochée au vague espoir que son arbre en ligne sur Geneanet contenait une indication de section. Bingo : la fiche de l'une des 6 personnes inhumées dans ledit caveau (en l'occurrence sur la fiche de notre ancêtre commune Anne Malié), section et numéro de tombe étaient indiqués ! J'étais bien sûr passée devant sans la remarquer (de l'intérêt de préparer correctement ses visites en amont...).

Cimetière de Montrouge, Paris XIVe

Chasse-marée Le Corentin - Commons66 ans dont les 3/4 sur l'Atlantique : Paul Lépine, "capitaine marin", une femme, Désirée Renaud, 8 enfants, et une vie en mer, au cabotage sur les côtes atlantiques. C'est sans doute l'un des ancêtres pour lequel j'ai glâné le plus d'éléments, et pourtant il en reste tant à découvrir encore :

  • - les éléments sur sa carrière maritime s'arrêtent pour l'instant en 1874, lorsqu'il est rayé du quartier maritime du Croisic pour celui de Vannes. Il lui reste encore 18 ans à vivre, et je doute que le loup de mer ait ralenti son rythme de navigation. Reste donc à explorer la sous-série 4P11 au Service historique de la Défense à Lorient.
  • - l'inscription maritime, c'est aussi l'armement des bateaux : que transportait-il de port en port (du vin, du charbon, du sel ?) ? avec quel équipage ? Possible qu'il y ait eu affaires avec le beau-père Guillaume Renaud, marchand de vin...
  • - je n'ai qu'à peine effleuré la série Q aux Archives départementales du Morbihan, et encore c'était pour consulter une table des acquéreurs sur une très courte période. Encore des bribres de vie en perspective, y compris aux Archives départementales de Loire-Atlantique.
  • - peut-être faudra-t-il aussi tirer au clair la petite zone d'ombre autour du lieu de naissance de sa soeur Marie Josèphe vers 1821 et du décès de son frère Félix (né en 1811), introuvables à Mesquer...

 

 

Dire que j'ai croisé pendant des années le Corentin, ce charmant trois mâts amarré au quai de Locmaria à Quimper. Pas plus tard qu'il y a deux mois, je l'ai même pris en photo. Sans imaginer un seul instant que Paul Lépine avait passé sa vie à la barre de ce genre de bateau.

 

Sources et liens

Impossible de traverser la France sans faire une halte au pays des volcans, berceau d'une branche auvergnate. Equipée : carte IGN détaillée dans le téléphone, liste des individus par village.

 

Vue de Saint-Nectaire depuis la route du Vernet-Sainte-Marguerite

 

Antoine BURANDE, maçon né le 15 avril 1820 dans le village de Lenteuge, est le dernier né à Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme). Il était supposé être celui qui était "monté à Paris", mais vérifications post-vacances faites, lui et ses 4 frères et soeur se sont tous mariés à Paris entre 1843 et 1858 : ce sont donc plutôt les parents, Germain BURANDE et Marie MADEUF qui ont pris la route.

Saint-Nectaire donc, son fromage, et tous ses petits villages.

 

Il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent pour les bigoudens sur les Archives départementales du Finistère. Alors on s'occupe avec quelques miettes...

Tout semblait se dérouler normalement. Chaque chose faite dans le "bon ordre". Sa femme, Anne Nedelec, avait rendu son dernier soupir le 11 octobre 1767 au Guilvinec (Finistère). 16 ans de mariage, et 6 enfants. Antoine, le benjamin, n'avait qu'à peine 2 ans. Lui raconter les aventures d'un marin, qui dans une autre vie, avait débarqué à 25 ans à l'île de France - celle de l'Océan Indien, ne suffirait sans doute pas à calmer l'absence de sa mère.

 

Saint-Guénolé - Les Tablettes rennaises

 

Ouest-Eclair, 4 juillet 1914 - Le Tour de France en BretagneCette année, la Bretagne se contentera d'un petit tour entre Saint-Gildas-des-Bois et Saint-Malo. Retour en arrière, il y a cent ans. Le Tour de France y passait trois jours (dont un de "relâche", mais vu les étapes...). Parti le 3 juillet de Cherbourg pour la 3e étape, le peloton rejoignait un autre port militaire, Brest, en passant par Coutances, Dinan, Saint-Brieuc, Guingamp et Morlaix. 405 km dans les mollets. La 4e étape relie Brest à La Rochelle. Le départ est donné à minuit, après une grande fête. Les 71 coureurs s'élancent vers Châteaulin. La roue libre est interdite pour l'étape de 470 km ! A 3h25, le premier groupe d'échappés traverse Quimper, puis file vers Lorient. Le régional de l'étape, Lucien Petit-Breton, fait partie du groupe de tête. Vers 9h, ils franchissent la Vilaine à La Roche-Bernard. Puis ils tranversent Nantes, filent vers La Roche-sur-Yon, qu'ils passent vers 1h30, avant d'arriver épuisés à La Rochelle.