Le Dictionnaire historique de Célestin Port tombe à point nommer pour en savoir un peu plus sur ce territoire. Morannes, 550 feux (2467 habitants) en 1789, "étalée tout le long d'une courbe de la Sarthe, au débouché d'une petite vallée bordée par deux hautes buttes". Dans les registres paroissiaux on croise des métayers, mais aussi beaucoup de marchands. Pendant longtemps la paroisse est au carrefour des grandes routes La Flèche - Château-Gontier et Angers - Sablé, mais "les grands chemins faits depuis 40 ans ont privé Morannes de ces ressources [la vente et la consommation des denrées]. Bordées par la Sarthe, des boires et des ruisseaux, les pâturages sont souvent inondés et les récoltes perdues.

Figurent dans la trentaine de pages du cahier les doléances et revendications nationales : l'injustice et la pression fiscale, supporté essentiellement par le tiers-état, les abus des deux autres ordres, la soif d'égalité et la fidélité au roi. Deux éléments marquants à la lecture du cahier :

 

  • "Révolution", c'est le terme employé dans le cahier... pour signifier le changement de l'ordre originel des choses, à savoir le passage d'une noblesse viagère à une noblesse héréditaire.

 

La noblesse n'est qu'une qualité accidentelle dans les premiers siècles de la monarchie, l'homme noble, ou le noble homme n'étoit qu'une distinction personnelle, que produisit la vertue reconnue.
  • Le mot "citoyen" est employé à 4 reprises...

 

Tout bon citoyen et fidel sujet doit en proportion de ses facultés contribuer aux changes de l'état. Tels sont les voeux, les offres et les désirs des habitants de cette paroisse de Morannes.

Ce cahier de doléances s'est avéré a posteriori un choix également intéressant par ce qu'il s'y passe après 1789, toujours d'après le Dictionnaire historique. Morannes, au coeur de la chouannerie mayennaise, avec des chefs comme Marin-Pierre Gaullier, dit Grand-Pierre (dont le père, notaire royal, fait partie des signataires du cahier de doléances), Joseph-Juste Coquereau, Jean-René Guitter, dit Saint-Martin, qui y assassine le 26 floréal an VIII Thomas Millière, le commissaire de l'administration cantonale (un Millière fait partie des signataires du cahier - lui-même ? un frère ?), en plein jour, alors que la ville est devenue un cantonnement républicain.

Guitter... tiens, un nom qui me dit quelque chose, c'est celui de mes ancêtres de Miré et Morannes justement ! Mais cette histoire-là, comme d'autres de chouans, ce sera pour une prochaine fois.

Voir la transcription du cahier de doléances de Morannes, 1789

 

Sources et liens

 

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