
Il y a les prononciations corrigées à force d'être reprises... Mais il suffit parfois de pas grand chose pour que je ne fasse moins attention (tout dépend de la personne en face) : mai'nant (au lieu de prononcer presque toutes les lettres de maintenant) et un collector : vin'neuf (département d'origine : 29, alias Finistère).
Quand on est petit, quelle que soit la langue, l'une des premières choses qu'on veut apprendre, ce sont... les mots pas très agréables voire les gros : gast (putain), kaoc'h ki du (merde de chien noir), torr-penn (littéralement casse-tête, mais surtout pénible !).
Il y a les expressions rattachées à l'enfance. La cuche (queue de cheval), le ballon de foot toujours logé dans le préau (coincé dans le toit), le biz à la carotte entêtant (voir l'article du Télégramme, 23 décembre 2010). Les formulations qui m'ont toujours écorchée l'oreille, genre "comment que t'as fait ?". Et enfin celles prononcées en soupirant par ma grand-mère : ma doué béniguet, innocent va, que je dois bien avoir sur le seul enregistrement audio que j'ai fait.
Forcément JPP en a parlé...
Généalogiquement parlant, j'ose à peine imaginer les scènes cocasses et les quiproquo qui ont pu résulter des quelques faits suivants :
- 1721 : un normand prétendument originaire de Bernay [Gabriel CORDIER] épouse à Morlaix une jeune fille du Ponthou [Marie CAM]
- 1774 : un serrurier de Vaucouleurs (Meuse) [Nicolas GREGEOIS, 1745-1796] parlant sans doute un patois lorrain épouse une jeune quimperloise [Marie Josèphe FLOCH, 1753-1808], bretonnante à coup sûr.
- 1783 : un militaire rennais de retour d'Amérique [Jean RICHARD, 1749-1807] épouse une morlaisienne [Marie LE BERRE, 1743-1818]
- 1799 (an VII) rebelotte : un tailleur lorrain [Nicolas ROLLIN, 1772-1833] (il devait y avoir une filière d'émigration clandestine) arrive avec son bel uniforme de l'armée républicaine et épouse la fille des précédents [Jeanne GREGEOIS, 1778-1816].
- 1837 : un ex saunier manchois devenu douanier [François LEBIGUAIS, 1777-1832] quand le sel a viré en saumure épouse en secondes noces une fouesnantaise [Anne BERROU, 1800-1854]. Brinquebalés le long des côtes sud de la Cornouaille et ayant épousé des bigouden(e)s, il y a fort à parier que les enfants furent bilingues, ce qui n'empêchait pas Jean Joseph LE BIGUAIS [1806-1878] d'être surnommé Ar Gall (le français).
Quant à moi, il ne me reste qu'à trouver un chouette poste pour "travailler sous l'État" (être fonctionnaire).
Sources et liens
- Les Bretonnismes, sur Coop Breizh
- Des bretonnismes (et des débats sur lesdits bretonnismes) sur les forum de Bretagne Passion et sur Academia-celtica
- Le site d'Hervé Lossec
- Les articles du Télégramme consacré à Hervé Lossec
bibliographie
Commentaires
Comme beaucoup de personnes sans compétence linguistique qui se lancent dans ce genre d'exercice, vous pensez que sont locales des expressions françaises courantes. Ainsi, aucune de ces expressions ne sont des régionalismes bretons :
- avoir l'air fin
- être une brelle
- nous v'là propre
- cinq verres de rang
Ajoutons que l'orthographe exacte est "brèle" et que le mot vient de l'arabe via l'argot militaire. On est loin de Quimper et de Brest !
Avant de publier quoi que ce soit de ce genre, je vous suggère d'ouvrir le grand Robert et de faire les vérifications qui s'imposent.
Cordialement
J.M.
Pour information (sortie droit d'un dictionnaire, aussi, mais breton français), brèle vient de l'argot, oui... Mais brell est aussi un mot bel et bien breton, qui signifie écervelé, un peu fou.
En dehors de ça, le sens de certains mots, courants, changent d'une région à l'autre, il suffit de faire quelques centaines de kilomètres pour s'en rendre compte.
Cordialement,
Essayons de vous mettre d'accord, les marins bretons ont intégrés le mot "brèle" de l'arabe qui correspondait à un mot similaire en breton !!!
Cela me rappelle un livre volumineux sur la pêche à la ligne qui pour le mot bouet (appât) signifiait que ce mot était d'origine inconnue (boued en breton signifie nourriture)
Moins d’agressivité dans le propos
Merci
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