Stagnation économique, misère et mauvaises récoltes, inflation, hausse des produits alimentaires, faux bruits et rumeurs, complots, indifférence aux événements politiques, contestation des autorités, troubles contre le pouvoir...

Bienvenue dans la France des années 20 ! Les années 1820 pour être exacte. Celles de la tournée de la toute jeune veuve duchesse de Berry, des banquets libéraux et de la tournée de La Fayette, des brochures "subversives" et des associations contre l'impôt, des ordonnances du 16 juin 1828 qui mécontentent le clergé, de la censure de la presse et des fakenews, des émeutes sur les marchés pour contest. Cette dernière décennie de la Restauration monarchique, qui débouchera, inévitablement, sur les Trois Glorieuses et la monarchie de Juillet.

L'inventaire F/7 - Affaires politiques (1815-1841) des Archives nationales contient des groupes de cotes dont la description est assez détaillées. Un pur régal, avec une analyse succincte des informations remontées par les préfets sur la situation sociale, politique et économique des 1820-1830. Classées par département, les descriptions donnent un aperçu très intéressant du climat local.

Javron (Mayenne), le 4 mai 1829 : "Un rassemblement de plus de 600 personnes des deux sexes, occasionné par la hausse des grains […]. Neuf voitures chargées de grains venant de Laval et allant à Alençon y sont arrêtées malgré les observations des autorités et la résistance de la brigade [de gendarmerie]. Les personnes faisant partie de cette émeute populaire, se sont données du blé et le payent au-dessous de sa valeur".

Mauriac (Cantal), le 28 mai 1830 : au marché, un rassemblement composé uniquement de femmes (environ 200), prend en chasse un meunier, soupçonné d'avoir proposé un prix au-dessus de celui du marché. 

Bien loin de l'image d'Epinal qu'on a aujourd'hui de ce siècle bouillonnant...

Il n'en fallait pas plus pour me tenter : j'ai fait une petite carte, pour visualiser et accéder autrement à la richesse de ces morceaux d'inventaire d'archives. Ces données sont à compléter avec les plus de 3700 mentions d'émeutes relevées par Aurélien Lignereux dans les rapports de gendarmerie (conservés également dans la sous-série F/7 aux Archives nationales), accessibles sur la base de données historiques Hiscod.

 

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Note : pour les départements dont les frontières ont bougé au cours du XIXe siècle (en particulier Meurthe et Moselle), les limites sont assez approximatives.

 

Pour aller plus loin

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