tablettes_rennaises_ms619_bg.jpg

#ChallengeAZ - J comme Jemmapes

J jemmapesJe connaissais le quai, pas très loin de chez nous, issu de la bataille dont j'ai dû entendre parler une ou deux fois, et plus récemment, j'ai croisé l'ancien département, dans des inventaires des Archives nationales... Pour ne pas m'arrêter en si bon chemin, me voici à y faire un peu de généalogie !

Jemmapes, correspondant au comté du Hainaut, était le 86e département français en 1793, puis de 1795 à 1814, avec pour préfecture Mons. Avant la bataille qui oppose en novembre 1792 les troupes républicaines françaises menées par Dumouriez, à l'armée autrichienne, cette partie du Hainaut fait partie des Pays-Bas autrichiens (version gruyère)

Pays Bas autrichiens (Commons)
Impossible, lorsqu'on fait des recherches dans cette zone, de passer à côté du flux et reflux de la frontière, qui transparaît même dans les actes d'état civil. Ca serait l'occasion de se remettre en tête de vagues souvenirs de fac d'histoire concernant les multiples guerres de succession (Autriche, Espagne, ...).
Remontons le temps dans les registres de Marchipont (aujourd'hui sur la frontière franco-belge) :
  • 1835 : "commune de Marchipont, district de Mons, province d'Hainaut" (acte de décès de Marie Françoise Detrait, 9e génération)
  • 1804 (an XII) : "Marchipont, département de Jemmapes arrondissement de Mons (acte de décès de Joseph Detrait, 10e génération)
  • 1784 : "cette paroisse sur la partie autrichienne" (acte de baptême de Constant François, 8e génération)

 

J marchipont autrichien

Peut-être est-ce pour ces raisons guerrières que les baptêmes, mariages et sépultures de 1770 à 1779 semblent avoir disparu ?

Sources et liens

Imprimer E-mail

#ChallengeAZ - K comme Kilomètres

K chimilin ernee cartePrès de 650 kilomètres : c'est ce qui sépare Chimilin (Isère) d'Ernée (Mayenne), et le lieu de naissance et de décès de Jean Baptiste Mollard, dit Beaufort. Pourquoi donc le bonhomme a-t-il traversé la France ?

On trouve un début de réponse dans son acte de mariage :

Aujourd'huy premier brumaire l'an cinq de la république française [...] par devant moi Louis Faribault officier public et municipal de la commune du Mans sont comparu en la maison commune pour contracter mariage d'une part Jean Mollard chasseur [du 2e bataillon, comme précisé plus loin] des Ardennes stationé en cette commune section de l'égalité fils de deffunt François Mollard et d'Angélique Nemos demeurante commune de Chimilain département de l'Izère d'autre part Julienne Marie Gontier mineure demeurante section de l'égalité fille de Guillaume Gontier et de Marie Quantin demeurants commune d'Ernée département de la Mayenne

Et voilà, un militaire, volontaire (indiqué dans l'acte de naissance de son fils en 1798) dans les armées républicaines, arrivé de ses montagnes pour combattre les Vendéens. Parmi les témoins du mariage, d'autres soldats : Jean Pierre Faivre, volontaire du 2e bataillon de la Haute-Somme, 28 ans, Jean [Merignan], aussi volontaire, même bataillon, 22 ans et Léonard Kere, 21 ans.

Une fois démobilisé, Jean Mollard est brièvement garde-barrière à Ernée (Mayenne), avant de s'installer comme marchand-boucher dans ce gros bourg (plus de 4500 habitants) dont est originaire son épouse. Le couple a 10 ou 11 enfants entre 1798 et 1813/1814. Etant donné le rythme des naissances, il ne doit pas m'en manquer beaucoup, mais impossible de mettre la main sur l'acte de naissance d'Alexandre Molard (décédé en 1831, à 17 ans) ; par contre j'ai une Alexandrine née en 1813...

Jean Molard se fait appeler "Beaufort" ! d'ailleurs, les quelques fois où il signe (1799, 1801, 1806), d'une main mal assurée, c'est de ce nom.

K 1799 beaufort jean sign

 

Plusieurs enfants sont déclarés sous le nom Beaufort, ou Molard (Maulard) dit Beaufort. En 1882, son petit-fils signe encore Beaufort sur son acte de mariage. J'ai d'ailleurs commencé à creuser un peu la survivance de ce surnom (sans doute militaire, plus que lié au fromage !), et plus largement la descendance de ce soldat (avec un paquet d'enfants naturels pour deux de ses filles). Sans compter qu'il faudra bien faire des recherches poussées un jour sur le parcours de ce soldat, ainsi que pour deux de mes ancêtres...

Sources et liens

Imprimer E-mail

#ChallengeAZ - M comme Matricule militaire

Dès les premières recherches généalogiques sur ce nouvel arbre, je me suis bien sûr précipitée sur les matricules militaires, pour la plupart mis en ligne à l'occasion de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale. Disons que la pêche n'a pas été miraculeuse, voire même ai-je été un tout petit peu "déçue" des informations trouvées dans cette source qui généralement permet de donner un peu de corps à un arbre généalogique. Légère déception donc, car :

  • cela ne concernant bien sûr que l’ascendance masculine née entre 1847 et 1900 (à la louche, pour ce qui est en ligne sur Internet), ça ne fait au final pas temps que ça d'individus ! 8 ancêtres directs dans ce cas, et 2 hors des clous question dates, trop récentes... j'en avais le double de mon côté) ;
  • parmi ces 8 ancêtres masculins, chou blanc pour Henri François (né en 1878, donc ayant potentiellement combattu pendant la Première Guerre mondiale), dépendant du bureau de Valenciennes dont les archives ont en partie été détruites, mais également pour Célestin Ohier (1861-1921) (le cordonnier), introuvable dans le bureau de recrutement de Saint-Malo et alentours, en 1881... et avant / après / à côté (bureaux voisins). Mystère...

 

M matricule arbre

  • Enfin, les ancêtres masculins de cet autre arbre de R. sont plutôt sages : aucune condamnation, même pour un petit braconnage ou vol ! Juste une petite faillite commerciale, dont j'avais déjà connaissance....

Quelques sympathiques trouvailles dans ma besace tout de même :

  • le parcours assez complet de Henri Delrue, engagé volontaire de 1892 à 1907 (bureau de recrutement de Lille, classe 1892, vues 413 à 415), sergent-major en fin de carrière, et qui devance un peu l'appel de sa classe en novembre 1914 ;
  • des pistes à creuser du côté Jean Giraud (père d'Eugène), engagé volontaire en 1870, et d'Etienne Chomienne, garde mobile en 1869 (matricule trouvé dans l'armée territoriale, mais le premier volume de la garde mobile classe 1869 / manque de bol, il est le n°433 dans la table alphabétique).

M 1869 chomienne etienne matricule AD42 armee territoriale

M 1870 giraud jean matricule AD42 contingent departemental

Bref, ça donne envie de creuser un peu du côté des recensements militaires cantonaux, voire des matricules de l’inscription maritime potentiels (Célestin Ohier (1835-1909)), et bien sûr des éventuelles archives sur les parcours de Henri Delrue et de Jean Baptiste Molard dit Beaufort (1767-1815) (voir article Kilomètres).

Pour finir, je ne peux m'empêcher de partager la petite anecdote qui figure sur la fiche matricule de Henri Delrue, entre la rubrique Campagnes (Tonkin et Cochinchine) et Décorations (médaille militaire, chevalier du dragon de l'Annam) : Blessures.

"Le 1er janvier 1894 en se rendant aux cuisines en qualité de caporal de semaine pour la préparation des gamelles des hommes de garde, glisse sur un pavé humide, et en tombant eut la jambe repliée sous le poied du corps et se déboitât complètement le genou gauche".

Pour aller plus loin...

Imprimer E-mail

#ChallengeAZ - L comme Lille

L lille rue hannetonsEt dire que je n'y ai pensé que la veille du jour fatidique de publication de ce L.

Lille, son beffroi, ses briques rouges, son équipe de foot Peau douce, ses gaufres, sa citadelle Vauban, son potjevleesch, son accent, ses chouettes lieux culturels, sa braderie, son ciel bas parfois et sa chaleur... Faute de temps et de proximité géographique, j'ai mis très longtemps à m'y rendre pour la première fois. Sur le papier, il y avait de grandes chances que j'apprécie... Ca n'a pas manqué, même au mois de décembre. Lille, où je retourne toujours avec plaisir. 

Lille, ville natale et d'enfance du grand-père de R., et où ont vécu toute leur vie ses arrières-grands-parents, Robert François (1906-1993) et Yvonne Delrue (1904-1987). Rue des Hannetons, des briques rouges, le jardinet derrière.

Lille, où se sont aussi rencontrés, fréquentés et mariés en 1838 Antoine Verquin (1814-1885), mulquinier, originaire de Saulzoir (67 km au sud-est), et Rosalie Lieppe (1806-1807), employée comme cuisinière, native d'Esquerchin (37 km au sud de Lille). Certes, il était temps de se passer la bague au doigt : Edmond Xavier était né depuis 10 jours, "provenant de leurs oeuvres"...

Mais pour finir, il faut quand même admettre que l'attraction généalogique de la branche ch'timi était plus valenciennoise que lilloise, plutôt les bords de l'Escaut que les bras de la Deûle...

Pour aller plus loin

 

 

 

 

Imprimer E-mail

#ChallengeAZ - N comme Noyés

Il est rare, pour le XIXe siècle, de connaître les raisons exactes des décès. Et pour cause : l'article 85 du Code civil précise la chose suivante :

code civil article 85

 

En confrontant la date d'une naissance et celle du décès de la mère (voire de l'enfant), on peut émettre des hypothèses sur les suites de couches. Les lieux (une adresse d'asile ou d'hôpital) et les témoins (agents d'hôpitaux) peuvent servir de piste. Les faits divers dans la presse locale peuvent aussi être une source intéressante. Et puis parfois, au beau milieu d'un acte, l'information surgit ! Avant la Révolution française, les prêtres sont plus disserts, voire précisent quand les sacrements n'ont pu être administrés faute de maladie !

N noyes surcouf

 

Actuellement, l'autre arbre de R. compte 7 personnes pour lesquelles la cause du décès est identifiée (uniquement des hommes), dont 3 ancêtres directs, tous morts en mer.

  • Pour Ambroise Bétaux (1766-1799), il fallait dénicher l'information ! Cachée au milieu de l'acte du premier mariage de son fils aîné Ambroise Bétaux (1794-1871). Et quelle information : Ambroise Bétaux, 32 ans, marin, "tombé en mer lors de la prise anglaise le [Hail]", le 18 pluviôse an VII (6 février 1799). Grand-papa était marin à bord d'un corsaire malouin ! Il laisse une veuve de 41 ans et (au moins) deux jeunes garçons...
  • Pierre Bétaux (1694-1728), arrière-grand-père du précédent, serait mort en mer en août 1728 à 34 ans d'après les données mises en ligne sur Geneanet ;
  • enfin, Robin Folange de la Perrière (1578-1647), 69 ans, noyé en mer le 22 septembre 1647 (Saint-Lunaire).

 

Pour aller plus loin...

Imprimer E-mail

tablettes_rennaises_ms619_bg.jpg