Dès que l'on parle Bretagne aujourd'hui, on pense coiffe bigoudène, mise à toutes les sauces (pirates !) et positionnée un peu n'importe où sur la carte de Bretagne. En réalité, le pays bigouden, c'est la petite partie orange ci-dessous.

La pointe de dentelle qui monte qui monte et ses deux ailes ont éclipsés leurs cousines , au risque d'éclipser les très nombreuses coiffes bretonnes voisines, et les variantes locales (plus de 1200 répertoriées d'après Jakez Cornou !).
Il sera ici principalement question de la coiffe bigoudène, pour des raisons ancestrales uniquement (et photographiques). Dans la famille, le breton s'est perdu avec la coiffe : au niveau de l'arrière-arrière-grand-mère, Marie Louise LE CLEAC'H (1880-1960). Et les différentes photographies de l'aïeule sont un témoignage visuel de la folle épopée de la coiffe au cours du XXème siècle, bien que les motifs des broderies ne fassent que se deviner...
 

CLEAC''H (LE) Marie Louise, fin XIXe siècleCLEAC''H (LE) Marie Louise, 1900 (mariage)CLEAC''H (LE) Marie Louise, 1916

 

CLEAC'H (LE) Marie Louise, 1929 (mariage de sa fille)CLEAC''H (LE) Marie Louise, années 1940CLEAC''H (LE) Marie Louise, avant 1947

CLEAC''H (LE) Marie Louise, en 1957 ou 1959 (communion de mon père)CLEAC''H (LE) Marie Louise, avant 1960

 

 

A la fin du XIXème siècle, la coiffe est relativement modeste, quoiqu'on devine bien le renflement sur le crâne. Dans l'entre-deux guerres elle atteint la quinzaine de centimètres, jusqu'à atteindre 30 centimètres après la Seconde Guerre mondiale. A l'origine confectionnée en tulle ou en mousseline, la coiffe brodée à la main est désormais en organdi et bien amidonnée afin de rester bien dressée. Les broderies sont pleines pour les coiffes de deuil (photos ci-dessous de Marie Louise LE CLEAC'H âgée), très ajourées pour celles de cérémonies (coiffes des jeunes communiantes ci-dessous par exemple).

 

Communiantes du Croisic, 1937

 

Il s'agit de communiantes du Croisic (Loire-Atlantique), en coiffe bigoudène. Oui vous avez bien lu, Loire-Atlantique : dans les années 20 et 30, les pêcheurs du Guilvinec ont migré (avec la sardine) vers les ports du Sud ; résultat, les guilvinistes ont représenté un quart de la population croisicaise, et les coiffes fleurissaient sur les quais.

Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer la croissance formidable de cette mitre de dentelle : simple mode ?  "concours" par rapport aux coiffes voisines ? volonté de symboliquement redresser les clochers bigoudens abattus suite à la révolte des Bonnets rouges de 1675 ? Quoiqu'il en soit, le résultat en a été une formidable émulation en matière de broderies, d'ingéniosité et de légèreté. N'étant pas experte en koëff bleo, daledenn et lacets, je vous conseille vivement le site de Jean-Louis Guégaden afin de décomposer et recomposer l'astucieux montage. Et de jetez un oeil sur la vidéo ci-dessous.

 

Pas de jalouse, quelques autres coiffes figurent dans mes archives :

  • une lorientaise, Françoise Bourdic
  • une trégoroise, Louise Le Flem, autre aïeule coiffe, (contemporaine de la bigoudène, mais qui a  troqué la coiffe contre le chapeau pour les grandes occasions, ou sinon qui restait "en cheveux")
  • et une euh... ? (help !), Léontine Robic, autre aïeule en coiffe, censée être de Ploemeur, mais ça ne ressemble pas vraiment à la lorientaise. A moins qu'elle ait fait une variante maroco-lorientaise (ayant suivi les pérégrinations militaires de son gendre)...

Coiffe de Lorient (Françoise BOURDIC)Coiffe de Tréguier (Louise Le Flemn, de Pontrieux)coiffe robic

 

Sources et liens

 

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