lancret danse dans un jardin

Un acte de mariage comme un gros noeud familial, le 7 avril 1741 à Chaumont-sur-Tharonne (Loir-et-Cher). Acte que je suis allée (re) rechercher suite à un sms tardif de Benoît (alias Mes Racines familiales), m'alertant de notre possible (enfin !) cousinage.

Une transcription intégrale s'impose sous peine de s'y perdre.

 

Mardi 7 de février 1741 après 3 publications de bans faites tant dans cette paroisse que dans celle de Pierfitte pour chacune des parties ci dessous nommées sans aucune opposition comme il nous est apparu par le certificat du sieur curé en datte du 6 du courant ainsi signé Fraise curé de Pierfitte y jointe la permission de marier Magdeleine Baulande, et Marie Petit ses paroissiennes les fiancailles duement célébrées jay prêtre curé soussigné après avoir pris le mutuel consentement des parties et celuy de leurs parents, donné la bénédiction nuptialle à [...]

[accrochez-vous !]

1879 petit parisien

Qui dit Amour dit les gosses

Dit toujours et dit divorce*

Après avoir dansé, les mariés parfois... divorcent. Enfin ça dépend un peu de l'époque : les uns auraient bien voulu mais c'était pas possible, les autres auraient bien sauté le pas, mais ça n'se faisait pas. Je me mords toujours les doigts de ne pas avoir noté le nom d'une petite commune auvergnate où les jeunes mariés ont divorcés en masse dans l'euphorie révolutionnaire, ça aurait fait un merveilleux article...

Petit rappel historique : le divorce est autorisé en France entre 1792 et 1816 (avec de fortes restrictions lorsque le Code civil est mis en place, jusqu'à la suppression sous la Restauration) ; il faut attendre 1884 et Alfred Naquet pour qu'il soit ré-autorisé, avec là encore de fortes limitations. Le divorce par consentement mutuel, c'est quand même 1975... Pour plus de détails, quelques liens en fin d'article.

Aucune correspondance de guerre, pas de carte postale, pas de mort pour la France parmi les ancêtres directs (ces lignes n'auraient jamais été écrites), pas d'objet souvenir, d'obus sculpté, très peu de transmission dans la mémoire familiale, une seule photo d'un aïeul en uniforme. Parmi les combattants, trois arrières-grands-pères, jeunes hommes de 17 ou 18 ans, un arrière-arrière-grand-père de 39 ans mobilisé qui laisse à l'arrière sa femme et ses trois enfants, et tous ces frères, cousins, amis.

La Première Guerre mondiale est comme souvent une véritable rupture dans l'histoire familiale. Marquées dans leur chair et psychologiquement, bousculées, déplacées, amputées, les familles ne ressortent pas indemnes de la boucherie... Rien ne sera comme avant. Alors, à l'occasion de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, ces quelques modestes bribes de faits et d'histoires familiales reconstituées petit à petit, enrichies aussi souvent que possible, à travers les archives...

 

 

 

 

Quelques ressources sur Internet

 

centenaire

memoire des hommes

europeana

Mission du Centenaire

Mémoire des hommes Europeana 14-18
sources grande guerre parcours combattants cartographie front 1914-1918

Sources de la Grande Guerre

Le Parcours du combattant

de la guerre 1914-1918

Cartographie du front ouest

1914-1918

 

encyclopedia 1914 1918 prisonniers croix rouge

Encyclopédie internationale de la Première Guerre mondiale (en anglais)

Prisonniers de la Grande Guerre (Croix-Rouge)

 

 

C'est l'histoire d'une boulette de neige qui roule et roule et grossit.

C'est l'histoire d'un maire qui un beau vendredi de l'an 1806, enregistre consciencieusement le mariage de Barthélémy et Marguerite.

"Barthélémy Michou, fils de Jacques Michou, décédé, et de Françoise Delagrange, décédée, consentez-vous à prendre pour épouse Marguerite, ici présente ?
- Oui je le veux".

Barthélémy n'a pas réagi quand le maire a dit que son père était décédé le 22 septembre 1786 à Villeny. La tête ailleurs sans doute. Et pourquoi aurait-il prêté l'oreille, puisque l'extrait de décès a été présenté pour instruire l'acte de mariage.

Malgré dix ans (aïe) de recherches généalogiques, je n'ai jamais vraiment fréquenté les cimetières. Plutôt sain me dira-t-on. Mes excursions au royaume des tombes se comptent jusqu'à ce jour sur les doigts d'une main. Sans doute parce que j'ai tendance à juger que les informations qu'on peut y trouver ne valent pas le coup de faire l'effort de s'y déplacer pour aller errer entre marbre, ciment et fleurs en plastique.

 

Mon escapade de dimanche dernier au cimetière de Montrouge (Paris XIVe) était presque symptomatique de mes précédentes tentatives : marcher entre des allées grises, regarder rapidement à droite à gauche pour embrasser du regard les noms plus ou moins lisibles, le tout en ayant un œil par terre pour ne pas trébucher, changer d'allée, ne penser aux rares présents qui doivent trouver ce manège étrange, désespérer très vite de trouver des noms familiers – la vitesse de découragement étant proportionnelle à la taille du cimetière. "Autant papillonner dans un registre paroissial illisible" me suis-je même dit... à l'exception près qu'il faisait très beau et chaud. Et qu'exceptionnellement cette fois-ci, je n'ai pas fait chou blanc. J'étais à la recherche du caveau Burande - Beuvelet, indiqué par une cousine nouvellement rencontrée, Jacqueline T. . Juste avant d'abandonner au bout de 10 minutes d'errements infructueux, je me suis raccrochée au vague espoir que son arbre en ligne sur Geneanet contenait une indication de section. Bingo : la fiche de l'une des 6 personnes inhumées dans ledit caveau (en l'occurrence sur la fiche de notre ancêtre commune Anne Malié), section et numéro de tombe étaient indiqués ! J'étais bien sûr passée devant sans la remarquer (de l'intérêt de préparer correctement ses visites en amont...).

Cimetière de Montrouge, Paris XIVe