C'était le deuxième effet "Ouest-Eclair numérisé et OCRisé" sur Gallica. Pour souvenir, le premier était d'avoir retrouvé, par presse interposée, mon ancêtre Onésime Le Livec en cour d'assises. Le deuxième effet a un tout petit truc en plus d'assez réjouissant : la probabilité de trouver cette information était infime.

 

Le Havre. 4 janvier.

Le sémaphore du Havre signale que le paquebot L'Atlantique, qui se rendait, sans passager, de Pauillac au Havre, a pris feu entre Cherbourg et Le Havre a été abandonné par l'équipage.

Une du Nouvelliste du Morbihan, 5 janvier 1933

Le paquebot L'Atlantique, Ouest-Eclair, 05 janvier 1933 (Gallica)

Le paquebot L'Atlantique en feu à 20 milles à l'Ouest de Guernesey est abandonné par son équipage. Ce superbe navire, construit à Saint-Nazaire, était affecté à la ligne Bordeaux-Buenos-Aires, et se rendait au Havre, avec une partie seulement de son équipage, pour se faire caréner. Sur les 170 marins, 20 à 30 seraient disparus ; il y aurait, en outre, plusieurs blessés et malades.

Une du Phare de la Loire, 5 janvier 1933

Qui dit presse des années 1930, dit... photographies !

Onésime a sans doute entendu cette chanson, chantée pour la première fois par Lucienne Boyer en 1930.

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Je l'ai traqué sur trois départements, dans les ports, dans la presse, jusque sur les bancs de la cour d'assises de Nantes. Et même en tentant de trouver des informations sur d'autres - en l'occurrence sur son père, c'est lui que je rencontre à chaque fois un peu plus, là où je ne l'attends pas toujours.

Archives municipales de Lorient, tout juste installées dans le magnifique hôtel Gabriel, sur la trace d'Onésime [Ollicime] Le Livec (1854-1915), le père, employé de l'octroi en 1884 d'après un acte de mariage. Les archives antérieures à 1943-1944 sont très lacunaires du fait des bombardements alliés. Il subsiste néanmoins quelques articles concernant le personnel municipal. Registre du personnel, cote 2 K 4, un Le Livec, Onésime, inscrit à la date du 8 janvier 1912, comme appariteur 3e classe - en gros facteur ou coursier entre les différents services municipaux. Il démissionne le 1er juin 1913. Mais... Onésime, né en 1880, ce n'est pas lui que je cherche ! Encore et toujours le fils. Il était donc encore à Lorient en 1913...

 

"Nos enfants connaîtront-ils seulement leur père"... Comme tant d'autres du village. Peut-être la pensée l'a-t-elle effleurée lorsqu'elle lui a dit oui. Elle le connaissait depuis toute petite. Locmiquélic, tout le monde se connaît, même si passés 10 ans, les garçons ont plus souvent les pieds sur un pont que sur la terre. Lui revenait tout juste des Amériques en guerre. Parti matelot, revenu gabier. Entre 1776 et 1783, il n'a passé que 14 mois à terre, et les années précédentes sont du même acabit. 33 ans : quatre voyages aux Indes orientales et deux campagnes royales, dont l'une aux Amériques (juin 1779-janvier 1781).

 

Les combattants français de la guerre américaine, 1778-1783 : listes établies d
Les combattants français de la guerre américaine, 1778-1783 : listes établies d'après les documents authentiques déposés aux Archives Nationales et aux Archives du Ministère de la guerre / publiées par les soins du Ministère des affaires étrangères ; [avec une introduction par Henri Mérou] - Source: gallica.bnf.fr

 

Ca pourrait être l'histoire d'un non cousinage. Ou d'un presque cousinage. Ce n'est pas faute d'avoir roulé... euh cherché. Ma trisaïeule s'appellait Léontine Robic. Un nom qui parlera aux mordus de la Grande Boucle.

Jean Robic, né au hasard d'un chantier de son père à Condé-lès-Vouziers (Ardennes) le 10 juin 1921 - mais définitivement originaire d'une terre de vélo : la Bretagne - a remporté le Tour 1947. Surnommé "Tête de cuir", "Trompe-la-mort" ou encore "Biquet" a remporté 3 victoires d'étape sur la course (dont l'arrivée à Paris)... sans avoir porté le maillot jaune ! 148 h 11 min 25 s pour parcourir les 4 640 kilomètres.


J'ai grimpé dans les branches (pas en danseuse), les miennes, les siennes. Nos ancêtres se tournent autour, sans cesse, pendant deux siècles. Radenac, Moréac, Plumelin, Pleugriffet, et les communes environnantes. Les miens sont tisserands, les siens scieurs de long, et tous laboureurs au début du XIXe siècle. Une tentative infructueuse du côté de sa mère, issue de familles de sabotiers (Le Lay, Bodo, Hillion) des confins des Côtes-d'Armor et du Morbihan.

textiles Ma branche Robic
cycling La branche de Jean Robic

Charles Bourdic (1869-1916)Jusque là, tout indiquait que Charles Bourdic (1869-1916) était ferblantier de son état : ses deux actes de mariages, les actes de naissances de ses enfants, l'acte de décès d'Adélaïde Causer, sa première femme, et son propre acte de décès. La voie semblait donc toute tracée : Charles Bourdic travaillait dans l'une des usines de conserves de Ploemeur.

 

La seule photographie de lui - désormais datée - est signée du photographe Eugène de Paris, Toulon. La seule information digne de ce nom qui figurait dans sur son matricule militaire, outre le degré d'instruction : 3, était "inscrit maritime". Plutôt normal pour un natif de Ploemeur et vu l'uniforme. Direction donc le Service historique de la Défense de Lorient, sous-série 9 P.