Nous sommes le 4 germinal an V de la République une et indivisible (24 mars 1797). L'église Saint Pierre de Vannes grouille de vie : elle accueille l'assemblée primaire des citoyens du canton. De tout le canton : Vannes, bien sûr, mais aussi Séné, les îles, Arradon, etc. La séance peut commencer. Au milieu de la foule, Jacques Landais, paludier de Séné.

Au perchoir, enfin ce qui tient lieu de perchoir, le citoyen Gourgerel fils termine son discours, mettant en garde la foule contre les émissaires du Roi qui tentent de s'immiscer dans les décisions des citoyens. D'ailleurs, n'y-a-til pas dans la salle des personnes non habilitées à voter et qui fausseront le scrutin final ? La foule  enthousiaste, jubile et salue le tribun d'un sonore "Vive la République !".

Tous, sauf un. Jacques Landais crie "Vive le Roi !". Stupeur (et tremblements)...

 

Ou "Qui est-ce qui a le plus de kilomètres dans les pattes ?!". A quelques jours de faire dans le sens inverse, le trajet fait il y a 10 mois, c'est d'actualité. Par égard pour mes aïeux, je saute directement à la troisième génération et mets les deux premières hors jeu, sous peine d'explosion de score (sans tricher !).

Hormis les informations glânées oralement auprès des anciens, et, pour les périodes les plus récentes (XIX-XXème siècles) les recensements, le moyen le plus sûr (mais pas le plus aisé, il faut bien l'avouer) de suivre à la trace une famille... ce sont les lieux de naissance ou baptême des enfants. Si plus on remonte, moins les distances parcourues sont grandes, les raisons de bouger n'ont elles pas beaucoup changé : le travail, aujourd'hui comme hier, en 2010 comme au XVIIIème siècle.

 

Parmi les archives familiales glânées auprès de ma grand-mère trône en bonne place le livret de solde de François BIGUAIS (1876-1947), dont il était question dans un article de 2007.

Désormais le livret buriné qui fleure le sel et les embruns est feuilletable en ligne (sans les parfums, naturellement) !

 
 
 
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Outre la solde proprement dite et la carrière du marin, le carnet contient la nomenclature des peines encourues, les conseils en matière d'hygiène, les devoirs des marins, etc.
 
 

Source

  • Archives familiales
 
 
 

Tout est parti d'une simple mention sur l'acte de mariage de sa fille : "se trouve dans l'impossibilité de manifester sa volonté [...] ainsi qu'il résulte d'un certificat du médecin directeur de l'asile des aliénés de Lesvellec".

La loi du 30 juin 1838 fait obligation à chaque département de se doter d'un établissement psychiatrique. Néanmoins la mise en place des asiles est progressive. Celui du Morbihan n'ouvre qu'en 1886 à Lesvellec, commune de Saint-Avé, distante de 5 kilomètres de la préfecture Vannes. L'hospice peut accueillir 500 patients à son ouverture. Parmi lesquels le matricule 246, Prudent ROBIC, boulanger. Placé d'office sur arrêté préfectoral le 20 mai 1886 : "atteint d'aliénation mentale, [...] dangereux pour la sécurité publique". Sur le bon d'admission, l'encre violette recouvre les mots initiaux du médecin de l'hospice de Vannes.

 

"Aliénation mentale" recouvre "furieux". "Urgence", alors que se devinent au crayon quelques mots : "il y a danger pour sa femme et pour ses voisins".

 

Au XIXème siècle, l'âge légal au mariage est défini par l'article 148 du Code Napoléon (1807) : 25 ans pour les hommes, 21 pour les femmes. En cas de minorité, les enfants doivent obtenir le consentement des parents.

Titre V Du Mariage
Article 148. Le fils qui n'a pas atteint l'âge de 25 ans accomplis, la fille qui n'a pas atteint l'âge de 21 ans accomplis, ne peuvent contracter mariage sans le consentement leurs pères et mère : en cas de dissentiment, le consentement du père suffit.
Article 149. Si l'un des deux est mort, ou s'il est dans l'impossibilité de manifester sa volonté, le consentement de l'autre suffit.