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Les vies d'Annette

burande annette quartier[Billet inachevé, en chantier permanent]

J'ai rencontré Annette pour la première fois il y a près de 15 ans, via Anaïs, sa fille. Annette est née un 21 janvier, en 1853, dans la ville où j'habite depuis plusieurs années maintenant. Elle est naît sur l'autre rive, quartier de la Sorbonne (rue Saint-Jean-de-Beauvais) ; Antoine le père est maçon, Anne Malié la mère est couturière. Tous deux sont issus de familles d'auvergnats montés à Paris dans les années 1830-début 1840, Saint-Nectaire côté père, Issoire, côté mère. Annette est la troisième enfant du couple, après Anne (1846-1883), Jean Germain (1849-1849), et avant Etienne (1854-1919) et Jeannette (1856-1931).

 

Annette a fêté ses 18 ans sous les bombardements prussiens (voir Il y a 150 ans : la Commune de Paris). Le 7 février 1874, elle épouse dans la mairie du 1er arrondissement un mécanicien tout juste plus âgé qu'elle : Aristide Charles Théodore Meneau. Le couple s'installe rue Saint-Martin. Annette travaille aux halles, comme sa mère, ses soeurs et beaucoup de proches qui apparaissent furtivement aux détours des actes. Anaïs, la fille aînée, naît le 16 mai 1875 rue Saint-Martin, suivie tout juste un an après par Denise (née le 9 mai 1876). Elles se suivront jusqu'au bout, mourrant à 6 mois d'intervalle en 1950, toujours à Paris. La famille vit au 3 rue Pirouette (voir Rue Pirouette), en face des Halles de Paris. Aristide Charles meurt brutalement à 27 ans, laissant une veuve de 25 ans et deux petites filles de 3 et 2 ans. Maladie ? accident ? À creuser, peut-être en commençant par sa réforme de la conscription...

 

En essayant de retrouver des traces d'Annette la jeune veuve, c'est Etienne que j'ai croisé : fils naturel, né le 9 mai 1888, même jour anniversaire que Denise, sa demi-soeur de 14 ans son aînée. Puis Charles Armand, aussi fils naturel, et une brève existence d'à peine un mois, au numéro 130 rue Saint-Denis.

Une jeune veuve chargée de famille, vendeuse aux halles, deux enfants naturels... J'avoue que je commençais à me poser des questions...

annette etienne burande

En 2014, j'ai croisé Annette dans des coins sombres. D'abord dans les actes. Via Filae, j'ai commencé à la voir apparaître surgir ailleurs. D'autres enfants naturels, morts en nourrice en bas-âge, loin de Paris.

  • Edmond Burande, né le 24 décembre 1886 au 34 rue des Ecoles, mort le 2 mars 1887 à Beauvain (Orne) en nourrice chez Marie Talvard, épouse Brière.
  • Henry Etienne Burande, né le 13 juillet 1889 au 130 rue Saint-Denis, mort le 11 décembre 1889 à Châlette-sur-Loing (Loiret) en nourrice chez Jean Schlegel.

J'ai remonté un peu le temps. Et j'en ai trouvé d'autres.

  • Alphonse Etienne Burande, né le 29 juin 1884, au 18 rue Vieille-du-Temple (chez une sage femme a priori)
  • Edmond Jean, né le 11 septembre 1885, au 102 rue Saint-Denis (Paris).

Aucune trace de décès dans l'immédiat pour ces deux derniers enfants... mais pas non plus d'acte de reconnaissance de la mère, de conscription, de mariage. Je sonde régulièrement Filae, à l'affût d'un nouveau département indexé et d'autres actes de décès en nourrice...

Deux petites filles, un veuvage à 25 ans, puis une ribambelle de six garçons naturels.

À l'été 2014, j'ai croisé pour la première fois le regard d'Annette, grâce à l'une de ses arrières-petites-nièces. Dans ses archives familiales, Jacqueline (descendante de Jeannette, la petite soeur d'Annette) possède quelques photos de mon aïeule. Les cheveux quasiment toujours en chignon haut sur la tête, le regard souvent un peu triste. On y croise aussi Etienne (1888-1928/), enfant ou en bel uniforme du 14e régiment de dragons. Peut-être y a-t-il Anaïs et Denise aussi, dans les photos de groupe, mais où ? En regardant de trop près, je vois des traits de ressemblances frappants avec des proches.

Je vais sans doute encore croiser Annette, un jour, dans les archives de la préfecture de police...

"Annette était regrattière aux halles : elles vendait les restes. Elle avait toujours un enfant en route. Les gosses étaient arrêtés par la police, puis relâchés. Annette allait les chercher."

 

 

 

 

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