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Les Années, d'Annie Ernaux

ernaux les annees couverture(Auto)portrait(s) doux-amer de la guerre aux années 2000, avec comme fil rouge des photos de famille, prétextes à digression sur des époques, des sensations, des espoirs et des attentes. L'adolescence d'une jeune fille dans les années 1950, mai 68, le mariage, la famille, les conventions, les enfants, Mitterand, les déceptions, les attentats, le temps...

Tant d'échos et de ressemblances avec du vécu, de moi ou de proches... Une belle et originale autobiographie (avec quelques passages "généalogiques").

Annie Ernaux, Les Années, Gallimard, 2008 (voir sur Wikipédia)

 

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Sex story : la première histoire de la sexualité en BD

Quelques milliers d'années d'histoire de la sexualité en bulles, des primates à aujourd'hui : l'ouvrage volumineux de Laetitia Coryn, Philippe Brenot est très instructif (quoi que déprimant bien sûr sur ce long et lourd héritage de domination dans les rapports femme-homme). Et on y déniche plusieurs passages intéressants du point de vue recherches généalogiques.

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Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014), de Stéphane Audouin-Rouzeau

Décomposer, analyser et triturer sa propre histoire familiale au regard du prisme de la Première Guerre mondiale, avec les outils et la méthodologie de l'historien qu'il applique dans ses recherches professionnelles : telle est l'expérience passionnante à laquelle s'est attaché Stéphane Audouin-Rouzeau. Un essai à lire ! (suivi dans certaiens éditions de "Du côté des femmes").

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Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus

Nous tournons les pages [du registre d'archive] fébrilement. Emotion : il est là.

Je crois que je suis devenu historien pour faire un jour cette découverte. La distinction entre nos histoires de famille et ce qu'on voudrait appeler l'Histoire, avec sa pompeuse majuscule, n'a aucun sens. C'est rigoureusement la même chose. Il n'y a pas, d'un côté, les grands de ce monde, avec leurs sceptres ou leurs interventions télévisées, et, de l'autre, le ressac de la vie quotidienne, les colères et les espoirs sans lendemain, les larmes anonymes, les inconnus dont le nom rouille au bas d'un monument aux morts ou dans quelque cimetière de campagne. Il n'y a qu'une seule liberté, une seule finitude, une seule tragédie qui fait du passé notre plus grande richesse et la vasque de poison dans laquelle notre coeur baigne. Faire de l'histoire, c'est prêter l'oreille à la palpitation du silence, c'est tenter de substituer à l'angoisse, intense au point de se suffire à elle même, le respect triste et doux qu'inspire humaine condition. Voilà mon travail; et, en caressant cette archive de tribunal, en suivant des yeux les lignes tracées par la plume du greffier, je ressens un soulagement indicible.

Ivan Jablonka, Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus, pages 164 et 165.

 

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Archives du Nord, de Marguerite Yourcenar, sur les Invisibles

Ces générations qui se sont succédé à Chamblain-Châtelain* depuis la fin des temps antiques, et peut être même avant, ces gens qui pendant des siècles ont remué la terre et collaboré avec les saisons ont disparu aussi complètement que le bétail qu'ils menaient paître et que les feuilles mortes dont ils faisaient de l'humus. Et certes, il suffit de remonter de trois ou quatre siècles pour s'apercevoir que les ancêtres des "bonnes familles" s'enfoncent finalement dans le même terreau anonyme. Bien plus, il y a une certaine grandeur dans ces rustres ainsi disparus tout entiers, sauf pour une ligne sur un registre de paroisse que le feu ou les rats finiront un jour par détruire, ou pour une croix de bois bientôt supplantée par d'autres sur un tertre vert. [...] Mais ma meilleure raison** est l'ignorance où je suis d'eux en tant que personnes. [...] Essayons pourtant, à force de sympathie imaginative, de nous rapprocher un peu d'une de ces personnes, prise au hasard, Françoise Lenoir, par exemple, ou sa mère, Françoise Leroux. Leurs noms mêmes ne leur appartiennent pas, des millions de femmes en France les ayant portés, les portant, ou allant les porter comme elles. De Françoise Lenoir, nous savons seulement qu'elle se maria, fille, à 40 ans. Va plutôt pour Francoise Leroux. Hé, Francoise Leroux ! Hé ! Elle ne m'entend pas. En m'appliquant beaucoup, je parviens pourtant à la voir dans sa maison au sol de terre battue (j'en ai vu de pareils, enfant, aux environs du Mont-Noir), abreuvée de bière, nourrie de pain bis et de fromage blanc, portant tablier sur sa jupe de laine . Le besoin de simplifier la vie, d'une part, le hasard des circonstances, de l'autre, me rapprochent davantage d'elle que des aïeules en falbalas***.

Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, éditions Gallimard, p.168-169.

 

* en fait Camblain-Châtelain, où j'ai moi-même quelques ancêtres qui traînent (des Pépin, des Dupont, des Raoult)

** Raison pour ne pas écrire, ou si peu, sur sa branche des "rustiques" de Flandre française

*** Branche paternelle noble puis bourgeoise, dont les portraits peints ornaient les demeures familiales

 

Sur les invisibles en généalogie, voir le blog d'Elisa - Auprès de nos racines, et en particulier 3 étapes pour raconter la vie d'un ancêtre invisible et son challenge de A à Z 2015 : 26 questions pour écrire la vie d'un ancêtre.

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