Tout commence en Finistère
 
 
Le portail des archives départementales du Finistère est en ligne : www.archives-finistere.fr.
 
Qui bene amat, bene castigat... [Qui aime bien, châtie bien. Je n'ai pas trouvé d'équivalent en breton]
 
C'est mieux que "Calamitatis et miserie", premiers mots du plus ancien document des Archives départementales du Finistère, daté de 1172... En résumé :
 
  • L'archiviste en moi se réjouit de voir autant d'inventaires d'archives, des présentations des fonds travaillées, des fiches d'aide à la recherche de qualité ;
  • La généalogiste en moi regrette forcément le peu d'archives numérisées, mais sur la quarantaine de lieux qui intéressent directement mon ascendance, il y en a tout de même une petite poignée concernée par la numérisation soit de l'état civil, soit des recensements de population (poignée que j'ai en plus largement entamée lors de recherches en salle de lecture l'année dernière, hum...). Et pouvoir préparer une visite en salle de lecture en consultant des inventaires en ligne, jadore ;
  • La geek en moi... fulmine, bouillonne, se lamente et désespère, des maladresses techniques, des méconnaissances des pratiques, des usages et plus globalement de l'intérêt d'un système de gestion de contenu comme-on-en-fait-partout pour avoir quelque chose qui tient la route.
Je ne vais pas tirer à boulets rouges sur l'ambulance, ça serait contre-productif. Pour le point sur LA source chérie des généalogistes (l'état civil), je renvoie vers l'article de Généinfos, la liste des 79 communes numérisées actuellement, la liste des recensements en partie numérisés, et pour les impatients, il y a toujours l'excellent Cercle généalogique du Finistère et ses inépuisables relevé. Pour le reste (il n'y a pas que l'état civil dans la généalogie), respirons profondément (l'air pur de la baie d'Audierne, par exemple, à moitié tronquée sur la bannière), positivons et creusons (parfois profond) pour dénicher les ressources - très - intéressantes malheureusement desservie par la structure.
 
 
Avant tout chose : afin de pouvoir renvoyer vers les contenus, il est nécessaire de faire des liens pérennes ; les liens-ci-dessous renvoient par conséquent dans leur majorité directement au portail documentaire (techniquement encastré en iframe), dont les url commencent par mnesys-portail.archives-finistere.fr, et non vers le portail éditorial www.archives-finistere.fr (dans lequel est encapsulé le portail documentaire). En gros et en raccourci, les formulaires de recherches, les archives numérisées, les inventaires, etc. vivent leur vie par rapport au portail éditorial dont les urls et le Fil d'Ariane sont largués. Si vous mettez en favori un inventaire ou une recherche, privilégiez une url (et une navigation) commençant par mnesys-portail.archives-finistere.fr (sinon le raccourci ne marchera pas dans deux cas sur trois). 
Résultat : en naviguant par mnesys-portail.archives-finistere.fr, on perd la bannière (qui tronque de toute façon mon Finistère Sud, oui mon 12,6% de sang bigouden est susceptible) et le menu de navigation dans le contenu éditorial ; le contenu est par ailleurs collé sur le bord du navigateur. De toute façon, vous tomberez sur ce type de page en cliquant sur certains liens, ou en ouvrant des pages dans de nouveaux onglets...
 
 
 
  • Des fiches récapitulatives sur les communes
Succinctes mais intéressantes : elles contiennent les rattachements administratifs ou religieux (canton, arrondissement, évêché) ainsi que les évolutions territoriales de la commune. Il est toujours utile de trouver ces informations quand on recherche des contrats de mariage ou des actes judiciaires, ou qu'une portion du territoire a été érigée en commune.
A partir de chaque commune, il est également possible d'accéder à la liste des maires de la commune depuis 1790 (en pdf) et aux données démographiques (également en pdf). Dans la colonne de droite, on accède directement à la liste des documents numérisés , filtrés sur la commune en question.
 
 

  • Les cahiers de doléances de 1789 sont numérisés
N'hésitez pas à consulter la fiche d'aide à la recherche sur le sujet.
Peut-être que le Pierre Larnicol qui signe celui de Plomeur est le fils de mes ancêtres Pierre Larnicol et Catherine Guichaoua... à vérifier avec les actes, lorsqu'ils seront numérisés.

 

  • Un beau fonds iconographique numérisé
Mais oubliez l'envie d'illustrer votre généalogie en ligne avec des photographies de costumes bretons  (sauf bien sûr si vous aimez imprimer du papier et les timbres - pour la licence par courrier - ou le risque - pour la non-licence).
Les fonds iconographiques sont consultables soit par le moteur de recherche dédié, soit par l'inventaire des documents figurés (Fi).
A noter deux pages extrêmement intéressantes et utiles, à mettre immédiatement en favoris dans votre navigateur Internet :
 

 

  • Le minutier des notaires du Finistère
A surveiller de près, car il n'est pas entièrement exhaustif à l'heure actuelle. Cet inventaire permet notamment d'identifier précisément un notaire mentionné par exemple dans un acte de mariage, et d'identifier les cotes des documents avant une recherche en salle de lecture sur place.
 
 

  • L'inventaire de la sous-série 1 R : préparation de l'armée et recrutement militaire
Toujours dans l'optique de préparer un déplacement ou une recherche sur place (l'été arrive... sinon il y a toujours les bénévoles du Fil d'Ariane et de Francegenweb), cet inventaire d'obtenir, à partir des tables alphabétiques numérisées, le numéro de matricule d'un conscrit et donc le registre correspondant pour obtenir la fiche complète.
 
 

  • La presse ancienne...
J'aurais vraiment voulu pouvoir dire quelque chose sur cette presse ancienne (Le Finistère (1872-1939)Le Courrier (1880-1944) et Le Progrès (1907-1944)), parce que c'est une source que j'adore (surtout lorsqu'elle est OCRisée, c'est-à-dire qu'on peut faire une recherche plein texte dedans)...  mais... non. Du moins pas pour le moment, en l'état. Car à moins de connaître exactement la date d'un événement, il vous faudra éplucher des PDF un à un. Consolez-vous avec la recherche globale de Gallica dans les archives de Ouest-Eclair (ancêtre de Ouest-France), et La Semaine religieuse de Quimper et Léon et autres qui figurent en liens sur la page Guide de la presse ancienne.
Notez au passage que la presse disponible sur le site du diocèse est sous licence CC BY-NC-ND, donc vous pouvez la réutiliser sur votre site Internet personnel...
 
 
  • Le cadre de classement des Archives du Finistère : sites de Quimper et de Brest
Essentiel (si vous ne souhaitez éviter d'arriver la bouche en coeur à Quimper pour consulter un article de la série B et un autre de la série X... c'est du vécu) : les Archives départementales du Finistère sont réparties sur deux sites, éloignés de... 100 km. Autant savoir ce que vous cherchez : cadre de classement et césure des séries entre Brest et Quimper
 
 
Conclusion : du très bon, très caché.
 
Ce n'est pas tant le fait que peu d'état civil soit numérisé (on était prévenu) qui est rageant que le fait qu'un prestataire soit capable de faire un truc aussi bancal en 2012, et de desservir à ce point un contenu riche :
  • le site n'est pas conçu comme de la gestion de contenu, mais comme des pages HTML ;
  • les actus / documents du mois sont des blocs changeables, et non des contenus indépendants, ils ne sont même pas balayés par la recherche dite "éditoriale" : profitez vite du document sur le Titanic finistérien, car une fois qu'il ne sera plus en page d'accueil, il ne sera tout simplement plus accessible ; 
  • on oublie tout ce qui est veille : pas de flux RSS pour signaler les supers actus (expositions, documents du mois), d'autant plus qu'il s'agit de blocs et non d'éléments de contenu ;
  • la bobine d'Ariane s'emmêle sur elle-même et dans les iframes avec scroll barres (forcément, tout se tient... ou pas. En l'occurrence pas) ;
  • les noms de pages et la réécriture d'url, on oublie (cg29_decouvrir_ress_thema_presse_guide) ; 
  • du pdf pour ce qui devrait être des articles de contenu ; 
  • un moteur de "recherche dans l'éditorial" qui ne trouve en partie pas ce qui est dans... l'éditorial.
Espérons que ça s'améliore avec le temps. Quant à la future bibliothèque numérique de Bretagne conçue avec le même système-de-gestion-de-contenu-qui-n'en-est-pas-un, j'ai d'avance des sueurs froides...
 
 

Sources et liens

 
 
Comme toute personne utilisant énormément Internet pour tout et n'importe quoi, tant pour le boulot que pour le reste, j'utilise beaucoup Wikipédia, pour de l'information rapide et efficace :
  • > en majeure partie des notices consacrées aux communes et les listes de communes par département,
  • > celles consacrées à des personnalités,
  • > dans une moindre mesure les articles sur des événements historiques pour avoir un panorama rapide des faits et des protagonistes,
  • > et souvent sur ce blog dans les liens complémentaires.
L'institution culturelle publique dans laquelle je travaille - un service d'archives départementales, donc bien ancré sur un territoire, diffuse et valorise par le biais d'Internet de nombreuses ressources historiques et documentaires, notamment grâce à un moteur de recherche transversal, un gros travail sur les catalogues, les inventaires et l'indexation (au sens archivistique du terme : mettre des mots-clés).
L'idée a donc germé de mettre, sur les articles communes Wikipédia du département, deux à trois liens externes vers :
  • > les résultats d'une recherche avancée sur le nom de la commune, le tout dynamique au fur et à mesure des mises à jour des catalogues et inventaires et de l'iconographie numérisée > exemple Luçon
  • >l'inventaire des archives communales (avec notamment les délibérations et arrêtés en partie numérisés accessibles depuis l'inventaire, soit le coeur et le cerveau d'une commune, qui concerne avec les monuments THE source incontournable pour une commune, bref, ce qu'on trouve dans) > exemple La Chaize-le-Vicomte . Les délibérations municipales, pour ceux qui l'ignorent, portent aussi bien sur l'activité économique, les écoles, les rues, les monuments, etc. d'une commune. En gros ce qu'on trouve (ou pas, faute d'être renseigné) sur une notice Commune Wikipédia.
  • >la notice du dictionnaire des communes correspondante > exemple Vix (bon celui-ci... il est "discutable" car c'est un concurrent direct, mais scientifique).
Bref, des sources, originales, fiables, gratuites, en partie accessibles sur Internet, le genre de choses qui ne pullulent pas partout sur la toile. Pas de contenu rajouté, parce que dans ce cas-là on refait toutes les fiches communes, et ce n'est pas le but, mais un lien direct vers des sources scientifiquement incontournables (mais rarement utilisées sur Wikipédia) pour remplir les dites fiches. Sources souvent méconnues qui plus est.
Et puis, comme le dit si bien Wikipedia, "il est souhaitable de lier les articles, dans la mesure du possible, vers : [...] des sites institutionnels (bibliothèques, universités, centres de recherche, etc.) ; [...] des sites de spécialistes qualifiés".
Armée d'une souris, de deux fenêtres sur un écran 1024 (sportif) et parée pour une séance de clics, Ctrl+C, Ctrl+V, clics, Prévisualiser, j'attaque la chose. Ayant déjà modestement (pour le moment) contribué à un wiki communautaire, je connais la bête.
Une grosse cinquantaine de communes et quelques heures plus tard, la patrouille me tombe dessus. Oui des modifications en masse, vers un même site (mais avec des urls précises différentes), d'une même adresse IP, ça passe difficilement inaperçu. Discussion totalement stérile, d'où il ressort en gros que la charte, c'est un peu à la tête du client.

En gros à la place de ceci,

Cezais v1

on avait ceci (un énorme annuaire de liens, c'est clair...). Vu comme ça, ça fait un peu borné archives, histoire, mais qu'est-ce qui fait le plus gros du contenu d'un article sur une commune sur Wikipédia ? l'histoire et les monuments...

Cezais ex v2

Bilan du dialogue de sourds :
  • >  en un gros quart d'heure, il a effacé ma demie journée de travail ;
  • > La Caillère-Saint-Hilaire gardera ses deux supers liens externes :
    • - un lien vers une page commerciale (si si ! comme beaucoup de notices Communes de Wikipédia) : une page (archivée en plus) de l'Institut géographique national... qui en bas de page propose des cartes à acheter. No comment.
    • - un lien vers une magnifique page personnelle. Pour le respect de la charte Wikipédia, on repassera.
  • > La Chapelle-Palluau, bah n'aura toujours pas de lien externe.
  • > Chavagnes-en-Paillers gardera ses 4 liens externes dont deux vers des établissements scolaires (aussi essentiels que les miens non ?). Wikipédia n'est pas un annuaire de liens, mais pas pour tout le monde.
  • > les deux ou trois liens vers des sites officiels de communes manquants que j'avais gentillement bravement rajouté ont été bloqués dans le lot, tant pis pour eux.
En gros, pour passer à travers la patrouille, il faudrait mobiliser une dizaine de personnes, que chacun modifie à dose homéopathique une ou deux fiches, de son poste, et de chez soi... Chouette !
Contribuez, qu'ils disaient...
Ca pose tout de même une sérieuse question : un service d'archives (ou plus généralement une institution culturelle publique) a-t-il un réel intérêt à y mettre le pied ? Sachant que ça prend du temps, que l'investissement peut être réduit à néant en deux clics par un modérateur (ça arrive à d'autres et certains échos du web sur la "modération" ne sont pas très flatteurs...). Et surtout que les wiki territoriaux émergent (voir par exemple l'article de La Gazette des Communes, sur le Wiki-Brest)
Oui mais Wikipédia c'est super pratique !
Certes, mais on peut aussi parfois réduire la voilure. La routine pratique, ça se change, parfois, et ça fait du bien...
  • > les listes de communes par département (toujours le Morbihan), et les fiches communes, on en trouve aussi sur Généawiki par exemple
  • > les données de population : il suffit de remonter à la source de Wikipédia, sur l'INSEE (données actuelles) ou sur Cassini pour des données plus anciennes
  • > les personnalités, euh... là ça peut partir dans tous les sens... je n'ai pas dit ne plus utiliser Wikipédia !
  • > et il y a les wiki communautaires et territoriaux qui se développent (il faut savoir qu'ils existent...) : Wiki-BrestWiki-RennesGeneawiki, etc.
Au fait si une bonne âme veut corriger l'article sur la loi Duruy qui dit des bêtises, je comptais le faire (j'ai le Journal officiel de 1867 sous la main) mais je ne peux plus, j'ai piscine plus important : transférer mes liens (ce que je comptais faire dans un second temps de toute façon) sur Geneawiki où ils seront - je l'espère - bienvenus !
 
 
Ajout du 18 septembre 2013 : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Un an et demi après, me voici en train d'organiser un atelier Wikipédia dans un service d'archives...

Cezais v1

on avait ceci (un énorme annuaire de liens, c'est clair...)

Cezais ex v2

Généalogie en BretagneLa généalogie et le patrimoine en Bretagne vous intéressent ?

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Et pour rester à l'affût de tout au-delà des frontières, il y a bien sûr le grand frère Le Généafil !

Retour sur la journée d'études La Recherche aux Archives : nouveaux outils, nouveaux publics organisée par les Archives départementales de la Vendée le 29 novembre 2011. L'amphithéâtre de 400 places était plein, les outils présentés ont été bien accueillis, les gens étaient contents... et le livetweet de la journée a été prolifique : version Twitter (tant qu'elle est accessible) ou version archivée (déformation professionnelle).

La matinée a été l'occasion d'une table ronde sur la recherche sur les personnes, et la recherche sur les territoires. Ma casquette d'archiviste au vestiaire, je participais à la première avec ma casquette de "généalogiste spécialiste des nouvelles technologies", aux côtés de J. Hussenet et J. Artarit, contributeurs du Dictionnaire des Vendéens, de F.-X. Brochard et D. Pénisson pour Noms de Vendée, le tout sous la houlette de P. Moirez (alias Archives Masala) qui veillait au grain (du sablier).

Cinq minutes de paroles étant trop court pour faire un support de présentation, voici en quelques lignes mon propos sur la généalogie en ligne aujourd'hui.

 

A l'heure où certains publient encore sur papier des pavés encyclopédiques annoncés comme LA somme des connaissances sur LE sujet - généralement LA somme dans le porte monnaie et LE poids lors d'un déménagement, les Archives départementales de la Vendée font le choix du numérique et du collaboratif.
La journée d'études La Recherche aux Archives : nouveaux outils, nouveaux publics a été l'occasion d'aborder la (nouvelle) relation archives - publics et d'inaugurer trois dictionnaires historiques collaboratifs, mis en place avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée.

Ces outils ne sont pas des wiki : les contributeurs, formellement identifiés, saisissent les informations à l'aide de formulaires contrôlés. Les sources doivent être spécifiées, permettant à chacun de vérifier les données. Un comité de relecture enfin permet d'apporter une garantie scientifique. Chacun peut proposer sa contribution, selon ses connaissances : il n'est pas nécessaire d'avoir une fiche complète sur l'histoire d'une commune des origines à nos jours, pour avoir pouvoir participer.

  • Dictionnaire historique des communesLe Dictionnaire historique des communes propose aux internautes "une carte d’identité historique et géographique du territoire vendéen" : chaque fiche par commune est appelée à contenir aussi bien les informations administratives "traditionnelles" que tout ce qui concerne les monuments, l'histoire, la religion, l'économie, les personnalités. Un moteur de recherche permet de faire des recherches, y compris par critères. Une carte dynamique propose par ailleurs de cartographier certaines recherches : pratique lorsque l'on cherche un rattachement cantonal pendant la période révolutionnaire... Pour l'instant, seules les informations "de base" (rattachements administratifs ou religieux, première mention historique de la paroisse, etc.) sont intégrées, mais les contributeurs sont déjà à l'oeuvre...